[scald=83007:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande s'est prononcé vendredi pour une révision du mode d'affectation des enseignants dans les zones difficiles, entraînant une réaction prudente des syndicats et les sarcasmes du ministre de l'Education nationale.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, qui a fait de la jeunesse un sujet majeur de sa campagne, était en visite à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) sur le thème de l'échec scolaire.

"Ma proposition, c'est qu'il conviendra d'affecter dans les établissements qui peuvent être concernés par des phénomènes de difficultés sociales les enseignants ayant de l'expérience", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

L'un de ses porte-parole, le député Bruno Le Roux, qui l'accompagnait, a évoqué des mesures d'"intéressement" pour parvenir à ce but, et indiqué que le sujet ferait l'objet d'annonces futures plus précises du candidat.

"Nous ne devons pas accepter la fatalité et agir tôt dans tous les établissements scolaires", a-t-il déclaré. "Nous ne pouvons pas laisser les parents, seuls, affronter le décrochage scolaire de leur enfant".

François Hollande s'est prononcé pour la création de "personnels de sécurité" spécifiques dans les établissements.

"Il doit y avoir un corps, placé sous la responsabilité du chef d'établissement, dont le rôle est d'assurer la sécurité", a expliqué Bruno Le Roux.

Autre idée du candidat : revoir le mode d'affectation des enseignants dans les zones difficiles via un mécanisme d'intéressement à même de séduire les professeurs expérimentés.

"PERSONNEL DE SÉCURITÉ"

François Hollande plaide également pour un développement de la formation à la gestion des conflits à l'intérieur des établissements.

Daniel Robin, co-secrétaire général du Syndicat des enseignements du second degré (Snes), estime que les enseignants ont avant tout besoin d'être en mesure de mieux travailler avec les élèves les plus en difficulté.

"Le problème, c'est que si on conduit les enseignants expérimentés à devoir aller dans ces zones difficiles sans qu'ils soient motivés, on aura raté l'objectif", a-t-il déclaré sur BFM-TV.

Il s'agit selon lui "de créer les conditions qui permettent aux enseignants expérimentés de trouver une véritable efficacité de leur travail dans les zones difficiles".

"Les enseignants demandent deux choses : pas des euros en plus, mais essentiellement du temps pour travailler en équipe et de façon plus individualisée avec les élèves dont ils ont la responsabilité", a-t-il expliqué.

Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, accuse le candidat socialiste de méconnaître les réalités de l'école.

"En matière d'éducation, François Hollande aurait besoin de cours de rattrapage", écrit-il dans un communiqué où il rappelle les actions de son ministère en matière d'affectation des personnels, de sécurité et de prise en charge des élèves "difficiles" ou "décrocheurs".

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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