[scald=97951:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Une cohue plutôt bienveillante a accompagné mardi la longue visite au 49e Salon international de l'Agriculture de François Hollande, qui s'est penché à son tour au chevet d'un monde paysan inquiet pour l'avenir et électoralement conservateur.

Arrivé à l'heure du laitier, vers 07h00, le candidat socialiste ne devait pas quitter avant le milieu de l'après-midi les allées du Salon, passage obligé de tout prétendant à la présidence, inauguré samedi dernier par Nicolas Sarkozy.

"Je viens chaque année, dans des conditions différentes, (mais) c'est la première fois que je viens en tant que candidat à la présidence", a dit François Hollande à son arrivée.

Le député de Corrèze, qui a assisté à la traite des vaches et petit-déjeuné avec des éleveurs, a donné son premier point de presse devant une vache de race limousine issue de son département et prénommée "Audacieuse".

Loin derrière Nicolas Sarkozy, la candidate du Front national Marine Le Pen et même le centriste François Bayrou dans les sondages d'intentions de vote du monde paysan, François Hollande a dit être venu au Salon "par plaisir".

"Je sais ce que la France doit à l'agriculture et je sais ce que l'agriculture représente comme richesse pour notre pays", a-t-il souligné.

Alors qu'un quart des agriculteurs -désormais au nombre de 490.000 environ- ont disparu ces dix dernières années en France, il a dit vouloir "faire en sorte que le monde rural, que je respecte et que je connais bien pour être l'élu d'un département rural, ait confiance".

Le chapitre agricole de son programme propose d'encourager les regroupements fermiers et de faire de l'emploi un critère d'attribution des aides, actuellement accordées en fonction de la seule taille des exploitations.

"Qu'est-ce que la droite a fait pour défendre vraiment l'agriculture?", a lancé le candidat PS. "Je ferai en sorte que la Politique agricole commune puisse-t-être préservée à un haut niveau, que les aides soient distribuées différemment, j'aurai cette recherche de contrats qui permettent aux agriculteurs d'être mieux défendus".

VACHES, COCHONS

En passant de longues heures au Salon, où il a rencontré le public, goûté fromage et jambon -"Ceux qui pensaient que j'étais au régime, c'est fini !"- caressé vaches placides et cochons géants, François Hollande semblait se placer dans les pas de Jacques Chirac, absent cette année.

"Je sais qu'il avait un goût pour cette manifestation. Il y passait du temps", a dit le candidat PS à propos de l'ancien président, à la santé aujourd'hui fragile.

"Il est Corrézien, je le suis aussi mais je ne suis pas dans l'imitation. Chacun fait ce qu'il pense devoir faire", a ajouté le président du Conseil général de Corrèze.

François Hollande a reçu un accueil plutôt bienveillant de la part des visiteurs, nombreux à venir lui serrer la main. "J'aimerais le voir avant de voter pour lui", a glissé un homme ayant juché son fils sur ses épaules.

L'élu PS a eu droit à des remarques plus acides telles que ce "Hollande c'est un baratineur" lancé par une dame âgée. Il a même échappé à un jet d'oeuf qui a eu pour effet de rendre plus nerveux l'imposant service d'ordre déployé autour de lui.

"Ils font des promesses et après ils ne les tiennent pas", a déploré un éleveur de vaches.

"Tu vas les payer comment, tes fonctionnaires?", lui a demandé un homme. "Avec l'argent là où il est", a répondu François Hollande, qui avait proposé la veille au soir de taxer à 75% les Français qui gagnent plus d'un million d'euros par an.

Invité à s'expliquer là-dessus porte de Versailles, François Hollande a estimé que "c'est du patriotisme d'accepter de payer un impôt supplémentaire pour redresser le pays".

Après un déjeuner avec la filière agroalimentaire entamé avec beaucoup de retard sur l'horaire prévu, le candidat a repris son marathon agricole dans le hall des régions.

Une photographie de groupe était prévue avec les présidents de régions présents, parmi lesquels l'ancienne compagne de François Hollande, Ségolène Royal, à la tête de la région Poitou-Charentes.

Avec Alexandria Sage, édité par Patrick Vignal

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