À l’occasion de son grand congrès à Lille, ce week-end, le Front national doit dévoiler son nouveau nom. Un renouveau approuvé par les militants, et qui sera ensuite soumis au vote des adhérents.

Jean-Marie Le Pen, président du Front national, lors du septième congrès du parti, le 19 octobre 1985, au Palais des Congrès de Versailles.
Jean-Marie Le Pen, président du Front national, lors du septième congrès du parti, le 19 octobre 1985, au Palais des Congrès de Versailles. © AFP / Michel CLEMENT

Au FN, la refondation ne plaît pas à tout le monde. Le parti se retrouve à Lille pour un grand congrès les 10 et 11 mars, avec pour ordre du jour : la refonte. Selon Marine Le Pen, cela passe par un nouveau nom. "Absurde, inexplicable et suspect" pour Jean-Marie Le Pen, pour qui "c’est une trahison de l’histoire du mouvement". Qui commence il y a (au moins) quarante-cinq ans.

L’Ordre nouveau, la genèse du Front

Un grand mouvement "de la droite nationale, populaire et sociale" : voilà comment Jean-Marie Le Pen définissait le Front national en 1972. C’est à cette époque que le parti d’extrême droite est fondé, dans la foulée du congrès de l’Ordre nouveau, un mouvement néofasciste avec pour logo une croix celtique. Le parti fédère notamment d’anciens SS et militants de l’Algérie française.

Mais le nom "Front national" est pour la première fois évoqué en 1934 par Charles Maurras, académicien et théoricien du nationalisme intégral. L’écrivain proposait que les divers partis d’extrême droite forme un "front national" pour unir leurs forces, et mieux lutter contre "les gauchistes". Mais le parti, rejoint par "les jeunes patriotes" notamment, disparaît en pleine Seconde Guerre mondiale.

Ce n’est qu’en 1972 que l’appellation fait son retour, au moment où l’Ordre nouveau (avec notamment Alain Robert et François Duprat), créé le Front national pour l’unité française, (FNUF), avant les élections législatives de 1973. Nous sommes le 5 octobre 1972. Objectif : allier les nationalistes les plus radicaux aux centristes. À la tête du parti, un visage : celui de Jean-Marie Le Pen. 

Le Pen à la tête du Front

Le parti deviendra ensuite le Front national, ou FN, avec cette flamme bleu-blanc-rouge, rappelant le parti néofasciste italien MSI, fondé par Mussolini. Jean-Marie Le Pen s'en défendra, même s'il avoue à l'époque ne pas avoir de haine envers eux. Durant des décennies, le nom "Front national" est affilié à Jean-Marie Le Pen, et à ses sorties parfois très gênantes pour le Front, notamment lorsqu'il parlait, en 1987, des chambres à gaz, un "point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale" selon lui.

Des propos polémiques qu'il avait maintenus le 2 avril 2015, et pour lesquels il avait été exclu du parti par sa fille. Ce week-end, le congrès devrait valider sa destitution définitive au poste de président d'honneur du parti, et enterrer ainsi une partie de l'histoire du Front. Un lourd passif que Marine Le Pen tente d’effacer une bonne fois pour toute.

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