Les ministres candidats dans les Hauts de France ont quitté le terrain dimanche après leur élimination cinglante dès le premier tour des régionales. Tous sauf un. Gérald Darmanin est arrivé en tête dans son canton de Tourcoing aux départementales. Il se distingue, encore un peu plus, de la majorité présidentielle.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en campagne, après avoir recueilli 54% des voix à Tourcoing au premier tour des départementales
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en campagne, après avoir recueilli 54% des voix à Tourcoing au premier tour des départementales © Radio France / Maxence Lambrecq

54% des voix, dimanche soir. "Je suis le seul ministre à avoir fait deux fois de suite, aux municipales et hier aux départementales, plus de 50% des voix au premier tour", se félicite l'ex-maire de Tourcoing. "Sur notre canton, on fait six fois mieux que la liste Pietraszewski", ajoute-t-il. 

Au niveau régional, il n'a pas d'hésitation : "Vous connaissez mon estime pour Xavier Bertrand, il a été récompensé pour son bilan", se réjouit son ancien directeur de campagne des régionales en 2015. "J'appelle sans difficulté à voter pour lui. C'est un ami, vous le savez. Et je suis un homme de droite, j'ai toujours été clair là-dessus, le Président le sait, la majorité le sait, je ne trahis personne."

"Pas prendre les électeurs de haut"

D'ailleurs, Gérald Darmanin est parti aux départementales "avec la droite et le centre". "Nous allons garder le département du Nord, c'est une bonne chose", dit-il à la terrasse d'un café, lundi 21 juin en fin d'après-midi, aux côtés de la nouvelle maire de Tourcoing, Doriane Bécue.

Le ministre de l'Intérieur, chargé des élections, a analysé dans le détail tous les résultats. "Partout où la majorité présidentielle a des élus implantés, ça marche. La difficulté, c'est qu'elle en a peu, donc peu de victoires à l'arrivée. Moi, j'habite Tourcoing, on se balade à pieds dans la ville, les gens nous connaissent. En arrivant, quelqu'un nous a offert un café chez lui pour parler de problèmes de sécurité au coin de sa rue. C'est pas prendre les électeurs de haut." 

Gérald Darmanin promet de siéger au conseil départemental du Nord, car "sur le cumul, j’ai, une vision un peu différente de mes camarades du gouvernement", ose-t-il. "Regardez le maire de Courtrai [en Belgique, NDLR] : il est vice-Premier ministre de son pays, et regardez ce qu'est devenue Courtrai ! Regardez Jean-Louis Borloo à Valenciennes ! On espère être à la hauteur, être les Borloo de Tourcoing. Pour une ville comme Tourcoing, le cumul des mandats, c'est une bonne chose."

Une élection encore incertaine

"On le voit pas beaucoup, mais ces dernières semaines il a essayé de montrer le bout de son nez", tacle son adversaire écolo Katy Vuylsteker, qualifiée au second tour avec 28% des voix (le RN étant éliminé avec 17 % des suffrages). Pour elle, le cumul a ses limites. "Il nous manque 2.500 voix pour passer devant Gérald Darmanin, il y a eu 37.500 abstentionnistes, on a largement de quoi faire."

Gérald Darmanin reconnaît que "rien n'est joué". "Nous ne sommes pas à la mi-temps d'un match où on mène 3-0. Dimanche à 8h, les urnes seront vides, c'est une nouvelle élection qui s'ouvre. C'est un peu l'enfer du dimanche. Vous demandez aux gens s'ils vous aiment. Vous attendez 18h30, 19h. J'espère vivre ce stress encore longtemps", conclut-il dans un sourire.