Le ministre de l'Intérieur subit un véritable tir de barrage de critiques (en off) ces dernières semaines, jusqu'à faire courir la rumeur de son départ lors du remaniement annoncé mardi dernier et reporté depuis. Mais ce fidèle d'Emmanuel Macron a le cuir solide, et il est toujours là.

Gérard Collomb à la sortie du conseil des ministres le 22 novembre 2017
Gérard Collomb à la sortie du conseil des ministres le 22 novembre 2017 © Reuters / Philippe Wojazer

Gérard Collomb est bien resté, malgré les rumeurs. Des rumeurs qui le disent "trop âgé" pour le poste gouvernemental le plus exposé, le plus sensible de la République. Il y a eu, au départ, le lapsus "Emmanuel Le Pen et Madame Macron", pour qualifier les deux finalistes de la dernière présidentielle. Puis une campagne de critiques récurrentes.

Pas seulement des critiques venant du monde politique, des anciens amis qui se sentent trahis au PS, ou des nouveaux ennemis chez des "marcheurs de la République" qui auraient aimé (et rêveraient toujours) d'avoir le poste. Mais aussi des critiques chez les préfets, surtout depuis  le limogeage de l'un d'entre eux à Lyon. Chez les gendarmes et les policiers, et dans la sécurité civile, où l'on se pose aussi certaines questions.

Contraste à l'Intérieur

Surtout quand on a été habitué à des ministres "H24" : Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve... Aujourd'hui, on attend surtout de connaitre l'issue de grandes concertations (notamment sur la future police de sécurité du quotidien, ou le chantier de la réorganisation des services de renseignement) avant de vraiment trancher.

Il y a eu, dans la même veine, le Canard enchainé relayant le surnom affublé à Gérard Collomb, place Beauvau ou à l'Élysée ("Son Altesse Sénilissime"), et pourtant : aujourd'hui, Papy Gégé (un autre de ses surnoms) fait de la résistance, ultra-présent dans l'espace public et médiatique.

Son entourage dénonce ces accusations, en particulier celles sur de supposées "gaffes" de Gérard Collomb sur le fond, notamment sur des informations soi-disant confidentielles qu'il aurait relayées imprudemment, après les attentats de Manchester ou de Marseille.  Encore moins sur une éventuelle compromission du secret défense, pour avoir dit que les Belges (comme d'autres) donnaient des renseignements permettant certaines assignations à résidence en France.

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