Dans un entretien au Figaro, le ministre de l'Intérieur a réitéré mardi sa demande de démission, aux grands regrets du Président qui a pris acte du départ de Gérard Collomb. Emmanuel Macron attend désormais de son Premier ministre des propositions pour remplacer l'ancien maire et candidat à la mairie de Lyon.

Gérard Collomb et Emmanuel Macron
Gérard Collomb et Emmanuel Macron © AFP / Alberto PIZZOLI

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a maintenu mardi sa démission et oblige le couple exécutif à lui chercher un remplaçant.

Depuis plusieurs semaines, Gérard Collomb prend ses distances avec Emmanuel Macron, jusqu'à acter, lundi, la rupture, en remettant lui-même, en mains propres, sa démission à Emmanuel Macron, qui l'a refusée une première fois avant d'acter celle-ci tout en regrettant son souhait de quitter le gouvernement.

Pourtant, la relation a été longtemps fusionnelle entre le président de la République et son ministre, et ce, bien avant leur arrivée au pouvoir en mai 2017. 

Déclarant un amour presque "filial", Gérard Collomb n'avait que quelques mètres à parcourir pour rencontrer, chaque semaine, Emmanuel Macron. Mais depuis l'affaire Benalla, le Lyonnais de 71 ans a peu à peu pris ses distances, lui qui, jusqu'alors, assumait les mesures impopulaires.

Une candidature tombée comme un cheveu sur la soupe

À son poste de l'Intérieur, Collomb fait en effet voter une loi antiterroriste qui sort la France de l'état d'urgence mais hérisse les défenseurs des libertés publiques. Lance une police de sécurité du quotidien qui ne convainc guère en interne. S'attire les foudres de la gauche et de la droite pour sa réforme de l'asile et de l'immigration, un test réussi pour la jeune majorité qu'il a su piloter d'une main de fer. 

Mais si le ministre est proche de Jupiter, dans un ministère marqué par les Sarkozy, Valls et consorts, la greffe peine à prendre. Il est moqué pour son verbe parfois brouillon, ses gaffes ou ses nombreux voyages lyonnais. 

En interne, l'annonce de son départ est régulièrement pronostiquée. Celle-ci finit par tomber au moment le plus inattendu. Au détour d'une interview, le ministre annonce mi-septembre sa candidature à Lyon pour les échéances électorales de 2020 et son futur départ du gouvernement. Si le principe d'un retour entre Rhône et Saône n'étonne personne, le timing de l'annonce sidère jusqu'à son proche entourage.

Difficile de ne pas y voir les effets de l'affaire Benalla, qui a écorné sa relation avec le Président. Mais il est également possible que la rupture ait été précipitée par l'arrivée à l'Assemblée auprès de Richard Ferrand, il y a trois semaines, de Jean-Marie Girier, l'un des plus proches collaborateurs du ministre de l'Intérieur. 

Depuis plusieurs jours, des informations peu connues du grand public sur Gérard Collomb et sur ce qui se passe place Beauvau, au sein de son ministère, paraissent dans la presse. Des fuites qui ne sont guère du goût du ministre, qui y voit forcément l'œuvre de son ancien chef de cabinet et a pu vouloir, par ce départ, se préserver des rumeurs à vingt mois des élections municipales.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.