La journée de mobilisation des "gilets jaunes" ce samedi, dite "acte V", avait valeur de test pour le gouvernement après les annonces d' Emmanuel Macron. Il y a eu beaucoup moins de manifestants, mais pour autant, pas de triomphalisme au sommet de l'Etat.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron © AFP / ARIS OIKONOMOU

Du côté de la Présidence de la République pas de réaction pour le moment. Pour l'heure, le Premier Ministre choisit de laisser parler l'Intérieur. Son entourage se laisse encore un peu de temps pour communiquer, mais on sent qu'il s'agit de ne surtout pas rallumer des braises encore fumantes par un excès d'optimisme.

Le 10 décembre, le président de la République a fait une série d'annonces importantes destinées à améliorer le pouvoir d’achat, à lancer une plus large concertation avec les citoyens, sur la transition énergétique, l'action publique et la démocratie.

Désormais, les revendications des "gilets jaunes" ont pris une dimension plus politique. Les manifestants ont défilé avec des pancartes réclamant un référendum d'initiative citoyenne à coté des pancartes réclamant la démission d'Emmanuel Macron. 

Ils formulent des demandes concernant le fonctionnement des institutions pour faciliter la consultation du peuple sans associer le parlement en amont. 

Pour le politologue Yves Saintomer, "ce serait une progression considérable du pouvoir populaire et de la démocratie. Jusqu’ici en France on l'a uilisé quand c’est le président qui veut se légitimer. Faire comme les Suisses, avoir la possibilité de se prononcer de temps en temps serait une innovation considérable". 

Selon une enquête IFOP il y a un soutien qui ne se dément pas dans l'opinion publique, à hauteur de deux tiers des Français qui soit soutiennent, à hauteur de 40%, soit ont de la sympathie, environ 25-30%. Donc, il y a un soutien et une sympathie majoritaires. Toujours selon l'IFOP, plus de 50%, des Français  souhaitent que le mouvement perdure.

La classe politique appelle à la prudence

Après l'acte V des gilets jaunes, à droite, on résume ainsi la situation : "oui la mobilisation a faibli parce les gens sont responsables et ne veulent plus de casse et surtout plus que l'économie en pâtisse. Toutefois attention au retour de bâton en janvier avec le prélèvement à la source" explique le député LR de la Manche Philippe Gosselin.

Dans la majorité, on manifeste une grande prudence. Sacha Houllier député LREM de la Vienne estime qu'il y a bien une forme d’essoufflement du mouvement tout en précisant : "on ne sait pas si c'est consécutif aux annonces ou lié à la durée de la mobilisation. À surveiller".

Un tout autre son de cloche du côté de la France Insoumise. Alexis Corbière, député de Seine Saint-Denis, souligne la mobilisation encore forte selon lui et surtout le "soutien encore important de la population aux manifestants, à base de 'Ne lâchez rien'.

Le député La France insoumise Eric Coquerel estime que l'affaire n'est pas réglée : "On a un peuple qui s'est mis en mouvement et qui à mon avis est en train d'exprimer un refus de la politique menée depuis des années, accélérée par M. Macron, sur les privilèges, les taxes, etc. Ce mouvement n'est pas prêt de s'arrêter", a dit l'élu de Seine-Saint-Denis. 

Sébastien Chenu député RN du Nord était à Perpignan et dit avoir constaté une "mobilisation forte en dépit d'une semaine de pression pour les Gilets Jaunes renoncent". Il insiste : "les Gilets jaunes ont eu le sens des responsabilités en essayant de diversifier les modes d'actions : danse à Bordeaux, motards à Perpignan." Avant de conclure : "La situation est loin d'être débloquée et devrait inciter le président à réfléchir à une dissolution".

L'avertissement de François Hollande

François Hollande a estimé que le mouvement des "gilets jaunes" était "dans sa phase de conclusion".  Il l'a dit lors d'une séance de dédicace à  Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais.  "Il y a un mouvement qui a duré déjà longtemps et qui doit trouver son dénouement. C'est ce que beaucoup espèrent, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas, dans l'avenir, s'il y a d'autres raisons, des mouvements qui se lèveront" constate l'ancien président de la République.

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