Depuis la réunion d'urgence de l'exécutif dimanche, ni Emmanuel Macron, ni Edouard Philippe n'ont pris la parole officiellement. Le Président a chargé son Premier ministre de recevoir des représentants des "gilets jaunes" et les chefs de parti. En réalité, Emmanuel Macron est totalement coincé.

Emmanuel Macron s'est rendu place de l'Étoile dimanche avant une réunion d'urgence à l'Élysée pour décider de la réponse à apporter au mouvement des "gilets jaunes".
Emmanuel Macron s'est rendu place de l'Étoile dimanche avant une réunion d'urgence à l'Élysée pour décider de la réponse à apporter au mouvement des "gilets jaunes". © AFP / Geoffroy VAN DER HASSELT

Quelles options a le gouvernement pour sortir de la crise des "gilets jaunes" ? Le président de la République n'a, en réalité, plus beaucoup de solutions face à l'escalade de violences et au durcissement du mouvement, après un troisième samedi de mobilisation qui s'est transformé, à Paris et dans certaines villes de région, en scènes de guérilla urbaine.

Première hypothèse : Emmanuel Macron change de politique, radicalement. Il donne raison aux "gilets jaunes", pour éviter un nouveau samedi de violences et de débordements. 

Sauf que cela signifierait pour le chef de l'État, la mort du macronisme. Mais impossible pour le Président d'accepter que ce soit - déjà - la fin de son quinquennat. 

Emmanuel Macron veut régler le conflit sans reculer

Deuxième hypothèse :  l'exécutif ne lâche rien. Il s'arc-boute, il tient. Parce qu'il n'est pas question pour Emmanuel Macron, de reculer, comme l'a fait son prédécesseur François Hollande, auquel il ne voudrait surtout pas ressembler. 

Le problème, en choisissant cette voie-là - et Emmanuel Macron le sait bien - c'est qu'il ne règle absolument rien.

Reste une dernière option, celle qu'il semble avoir choisie : faire baisser la pression en amorçant un dialogue cette semaine, avec des "gilets jaunes" et les chefs de parti. 

Mais vu l'intensité du mouvement, le Président a probablement attendu trop longtemps. Sa volonté de fermeté a fini par l'emporter. Résultat, aujourd'hui, Emmanuel Macron n'a plus de portes de sortie.

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