Nous voilà finalement rassuré de voir que l’Euro, monnaie tant décriée, représente aujourd’hui le socle d’un début de construction d’une gouvernance économique européenne. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, surtout lorsque l’on est pressé par les évènements. La construction européenne a toujours été lente, et chaotique car elle s’est modelée autour d’un mot : le consensus. Il faut désormais y ajouter la contrainte. La contrainte d’apporter une réponse commune, à des problèmes communs entre des Etats qui ont choisi d’arrimer à une monnaie unique leurs destins et leur espace économique commun. Imaginons un instant que l’Europe ait vécu cette crise sans l’Euro ? Autant dire que les réactions nationalistes auxquelles nous avons assisté auraient été décuplées. La preuve est réalisée que l’Euro peut porter une politique commune même si son application concrète se décline en fonction des impératifs de chacun. Pour autant mesdames et messieurs les chefs d’Etat et de gouvernements, il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin et de vous endormir sur vos lauriers: A quand un début de politique fiscale commune dans l’Union en établissant un taux européen unique d’imposition sur les sociétés ? À quand une bonne petite directive voté au Parlement européen pour établir des règles communes de bonne gouvernance sur les parachutes dorés ? À quand une directive bien sentie pour obliger les comptes off shore à s’ouvrir et permettre d’aller puiser dans les caisses des paradis fiscaux de la zone euro et de l’Union ? À quand une directive mitonnée aux petits oignons introduisant un salaire minimum européen pour éviter le dumping social ? Dans le feuilleton que connaît la gouvernance économique européenne depuis plusieurs années, la saison 1 vient de se terminer. On attend désormais la saison 2.

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