Dans les chiffres (11 femmes et 11 hommes), le nouveau gouvernement remplit l'objectif paritaire du président Macron. Pourtant, une seule femme obtient un ministère régalien.

Les 11 femmes ministres et secrétaires d'État du gouvernement d'Édouard Philippe
Les 11 femmes ministres et secrétaires d'État du gouvernement d'Édouard Philippe © AFP / DR

Emmanuel Macron s'y était engagé : respecter la parité au sein de son gouvernement. C'est chose faite puisque parmi les 22 nouveaux ministres, 11 sont des femmes et 11 sont des hommes. Pari tenu, donc.

Une seule femme à un ministère régalien

Mais parmi ces 11 femmes, une seule accède à un ministère régalien. Il s'agit de Sylvie Goulard, nouvelle ministre des Armées. La plupart des femmes sont réduites à des portefeuilles annexes : Sports, Culture, Affaires européennes, Enseignement supérieur, en bas de la liste du gouvernement. Quand les hommes décrochent les principaux ministères : Intérieur, Transition écologique, Justice, Affaires étrangères.

Un grand absent : le ministère des Droits des femmes

Autre point de discorde : Emmanuel Macron avait aussi promis de mettre en place un ministère de plein exercice dédié aux droits des femmes. C'est d'ailleurs ce qu'il avait déclaré le 28 avril dernier, comme le rappelle l'association Osez le féminisme dans un tweet. Mais finalement, ce n'est pas le cas au sein du nouveau gouvernement.

Marlène Schiappa est en effet nommée secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, auprès du Premier ministre. C'est une grosse déception pour Fatima Benomar, porte-parole du collectif Les Effrontées. Elle estime qu'un seul secrétariat d'État pour les droits des femmes, c'est loin d'être suffisant. "Un ministère a plus de visibilité, de moyens, il arrive à porter une voix transversale dans d'autres ministères pour qu'ils s'occupent eux aussi de la dimension égalité femmes-hommes qui concerne toutes les thématiques. (...) Qu'est-ce-que ça veut dire un pays où il y a un ministère aux sports, à la culture et pas aux femmes ? C'est un enjeu mineur ?" s'interroge Fatima Benomar.

Fin mars, Emmanuel Macron avait fait part de son souhait de nommer une femme Premier ministre. La nomination à ce poste d'Édouard Philippe avait déçu les associations féministes.

Le Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes regrette également l'absence d'un tel ministère, tout en saluant dans un communiqué le coté "strictement paritaire" du nouveau gouvernement. Le HCE demande le respect de cette parité au sein des cabinets ministériels et demande "des moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux" de l'égalité femmes-hommes "annoncée comme étant 'la grande cause nationale de son quinquennat' par Emmanuel Macron", ajoute le Haut Conseil à l'Égalité.

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