[scald=106989:sdl_editor_representation]par Axel Bugge

LISBONNE (Reuters) - A l'appel de la centrale syndicale CGTP, des salariés de divers secteurs se sont mis en grève jeudi au Portugal pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement, ce qui a fortement perturbé la circulation des transports publics à Lisbonne, provoqué la fermeture de ports et la paralysie du trafic ferroviaire.

"Occupez les rues, bloquez tout!" est l'un des slogans adoptés par les grévistes, qui estiment que les mesures d'austérité du gouvernement réduisent le niveau de vie de la population et empiètent sur les droits des salariés.

La CGTP, le plus important syndicat du Portugal, cherche par ce mouvement social à arrêter l'activité du pays. Le deuxième plus grand syndicat, l'UGT, a toutefois accepté les "réformes" décidées par le gouvernement. Alliée de l'opposition socialiste, l'UGT craint que le Portugal ne connaisse le sort de la Grèce sans politique d'austérité.

Sous la houlette de son nouveau chef de file Armenio Carlos, la CGTP espère une participation massive mais, à la différence des Grecs, les Portugais ne se sont guère mobilisés jusqu'à présent contre la politique menée par le gouvernement conservateur de Pedro Passos Coelho malgré la récession et un taux de chômage supérieur à 14%.

Les transports ferroviaires, y compris la ligne internationale Lisbonne-Madrid, étaient paralysés jeudi, selon les organisateurs de la grève. Le métro de la capitale a cessé de fonctionner à minuit. De nombreux hôpitaux n'acceptaient plus que les urgences.

Pour les grévistes, les nouvelles réformes facilitant les procédures de licenciement et réduisant les indemnités des salariés constituent le recul le plus net dans le domaine social depuis l'instauration de la démocratie en 1974.

Avec Andrei Khalip, Bertrand Boucey et Eric Faye pour le service français

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