Nicolas Sarkozy est donc sûr de lui. François Fillon l’est également. Le bras de fer est engagé. Le premier a été élu sur un programme qui prévoyait la réforme des régimes spéciaux de retraites. Le second est chargé de l’appliquer. « J’ai un boulot à faire et je le ferai » à encore martelé vendredi le président de la république. Tous les deux disent s’appuyer sur une opinion publique favorable pour lancer le rapport de force. Il y a quelques mois, Raymond Soubie l’actuel conseiller social de l’Elysée expliquait que « pour qu’un gouvernement soit confronté à une crise majeure, il faut la conjonction d’une opinion publique morose et d’un projet de réforme précis sur un service public, et que rejette ce même service public ». En cet automne l’opinion est-elle donc morose ou prête à suivre aveuglément notre nouveau Napoléon ferraillant contre les cheminots et autres gaziers? Rappelons que ces derniers jours, les mouvements de mécontentement n’ont pas manqué dans le pays. Les internes et les opposants aux franchises médicales sont descendus nombreux dans la rue clamer leur désaccord au projet de loi sécu. Les avocats et les magistrats fustigent la nouvelle Garde des Sceaux et sa réforme de carte judiciaire. Les fonctionnaires grognons sont prêts à en découdre mais pas avant le mois de novembre, ceci pour éviter tout amalgame avec les régimes spéciaux. Les syndicats râlent depuis la rentrée contre un calendrier de conférences sociales trop chargé à leur goût, et dont le timing trop court qui leur est imparti pour produire des résultats, leur apparaît être un piège. La fameuse opinion publique n’est pas non plus aveugle ni sourde. Elle voit les parapluies s’ouvrir dans tous les sens dans l’affaire EADS accréditant l’idée que décidément, certains initiés de la France d’en haut sont incapables d’assumer leur responsabilité à défaut de prouver qu’ils ne sont pas coupables. N’oublions pas non plus les valises d’argent de l’UIMM. À ce titre, il est à noter que lundi après midi, ce sont les MEDEF territoriaux qui étaient les plus remontés au Conseil exécutif pour demander le retrait de Denis Gautier Sauvagnac. Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils représentent l’opinion des chefs d’entreprises qui se battent chaque jour sur le terrain et qui ressentent mieux que quiconque les dégâts que provoquent cette affaire dans les milieux patronaux régionaux. Bien heureux enfin celui qui est aujourd’hui capable de mesurer la réaction de l’opinion après les annonces faites ces derniers jours par Danone ou Lactalis d’augmenter leurs tarifs de 10 a 15%. Les consommateurs n’ont encore rien vu. Dans les semaines qui viennent, les prix pour remplir les assiettes ont toutes les raisons de flamber. L’opinion soutient Nicolas Sarkozy ? Prudence prudence……

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