[scald=76101:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les agents de sécurité ont reconduit pour jeudi leur grève dans les aéroports après le blocage des discussions avec les médiateurs nommés par le gouvernement pour tenter de dénouer le conflit qui perturbe depuis six jours des aéroports français.

Quatre cents policiers et gendarmes se tiennent prêts à se substituer aux personnels grévistes en cas d'échec des négociations, qui devraient reprendre jeudi matin.

Le gouvernement menace de faire appel aux forces de l'ordre dans les heures qui viennent.

Mais selon les syndicats, les négociations étaient toujours bloquées mercredi en fin d'après-midi, après plusieurs interruptions des discussions à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

"Le patronat ne veut toujours pas discuter pour l'instant des salaires", a déclaré une porte-parole de la CGT à Reuters.

"Les patrons campent sur leurs positions mais on a décidé de se revoir, probablement demain matin", a confirmé Jean-Baptiste Fouère, délégué Force ouvrière de la Brink's.

Les grévistes demandent des hausses de salaire allant jusqu'à 200 euros par mois, une revendication que le patronat juge irréaliste, et l'amélioration de leurs conditions de travail.

La grève a été reconduite lors d'assemblées générales, ont précisé les syndicalistes.

"Si cette grève continuait, il est évident que le gouvernement prendrait ses responsabilité pour que le trafic puisse s'écouler normalement", a déclaré Thierry Mariani, ministre chargé des Transports, sur France 2.

Lors du conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a demandé au gouvernement de prendre "toutes les mesures nécessaires" pour que les départs en vacances de fin d'année ne soient pas perturbés par la grève, a indiqué la porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse.

"Si cela devait se faire, ça se ferait dans la journée ou d'ici demain, parce que les grands départs ça commence à partir de demain et même de ce soir", a précisé la ministre de l'Ecologie et des Transports Nathalie Kosciusko-Morizet.

Malgré la grève la situation a été normale mercredi dans les deux aéroports parisiens, a-t-on appris auprès de leur gestionnaire, Aéroports de Paris.

Tous les vols ont été également assurés à Lyon.

Disant vouloir mettre fin aux désordres liés à des grèves à répétition lors des grands départs en vacances, le gouvernement a apporté son soutien à une proposition de loi dont l'examen est prévu le 24 janvier à l'Assemblée.

LES PILOTES PRÊTS À LA GRÈVE

Le texte prévoit d'étendre au transport aérien le cadre prévu dans le transport ferroviaire. Les salariés qui souhaitent faire grève devraient ainsi le dire deux jours à l'avance afin de permettre à leurs employeurs de faire face aux pénuries de personnel.

Le recours éventuel aux forces de l'ordre a suscité de vives réactions. Les deux principaux syndicats de policiers ont appelé le gouvernement à revenir sur sa décision.

"Les policiers n'ont pas vocation à devenir des briseurs de grève", a déclaré aux journalistes Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité SGP-police.

Force ouvrière dénonce une atteinte au droit de grève et rappelle son opposition à la proposition de loi déposée par le député Eric Diard.

"Cette proposition de loi doit être retirée sans délai car elle porte à la fois atteinte au droit de grève et vise aussi à discréditer l'action collective des salariés", déclare la centrale dans un communiqué.

Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), principal organisation de pilotes, va déposer un préavis de grève au début février pour exiger le retrait de la proposition de loi visant à encadrer le droit de grève dans le transport aérien.

"Il est intolérable que le gouvernement, pour masquer ses propres insuffisances, stigmatise, entre autres, notre population pilote en lui restreignant son légitime droit de grève", écrit le SNPL sur son site internet.

Deux syndicats d'hôtesses et de stewards devraient se joindre au mouvement.

Gérard Bon, avec le service France, édité par Patrick Vignal

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