La grève s'annonce donc massive. Le bras de fer cheminots-Sarkozy est lancé. Autour de la table, les Français seront une nouvelle fois les spectateurs d’une nouvelle version d'un film projeté de nombreuses fois depuis 1995. Le plus étonnant dans cette affaire des régimes spéciaux, c'est que ce scénario semblait écrit depuis le 6 mai, comme s'il devait être un passage obligatoire. Nicolas Sarkozy dispose de la légitimité des urnes. Personne ne lui conteste. Les syndicats sont dans leur rôle de défenseur des acquis sociaux. Personne ne leur conteste également le fait d'utiliser un droit constitutionnel comme moyen de pression. Le combat peut donc commencer entre un homme dont la nuance et la diplomatie ne sont pas les points forts et des agents de la SNCF qui jouent dans le même registre. Pourtant, le plus inquiétant aujourd'hui, ce n'est peut-être pas cette grève des cheminots. Le plus inquiétant, c'est qu'il n’existe plus d'expression politique de la part d'une opposition de gauche, laminée, pulvérisée et totalement atone. Le PS dans un joli numéro d’équilibriste se borne aujourd'hui simplement à critiquer la méthode Sarkozy sans assurer son soutien aux grévistes. Dès lors, la seule opposition à Nicolas Sarkozy s'affiche désormais dans la rue, dans l'expression des multiples corporatismes apparus ces dernières semaines: cheminots, gaziers, électriciens, fonctionnaires, avocats, magistrats, enseignants. Voilà en tout cas une excellente idée de dissertation pour le prochain bac: Le corporatisme et la réforme sont-ils compatibles en démocratie? Vous n’avez pas quatre heures pour répondre mais quelques jours. Peut-être le temps d'une grève?

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