L'union passe par lui, il en est certain. Pour le prouver, Benoît Hamon a lancé au début du mois l'idée d'une votation citoyenne. Une sorte de primaire pour désigner la meilleure alliance pour les Européennes. Le patron de Génération.s dégaine donc ce jeudi un sondage IFOP qui valide à plus de 70% sa proposition.

Benoît Hamon le 6 décembre 2018 au Cirque d'Hiver à Paris
Benoît Hamon le 6 décembre 2018 au Cirque d'Hiver à Paris © AFP / Eric Feferberg

À gauche, plus on parle d'union plus ça flingue. À l'exception des radicaux de gauche, personne n'a répondu à l'appel de la votation citoyenne proposée par Génération.s. Benoît Hamon dégaine donc ce jeudi un sondage IFOP, commandé directement par son mouvement, et qui validerait à plus de 70% son idée auprès des électeurs.

Sur les 2 498 personnes interrogées (dont 574 "sympathisants de gauche"), 72 % approuvent son idée d'une votation citoyenne pour désigner des listes de gauche aux européennes. Chez les électeurs de gauche déclarés, le chiffre monte même à 77 %.

Il faut dire que la question n'incite pas vraiment à la réponse négative : "Benoît Hamon a proposé une votation citoyenne ouverte à tous les  électeurs de gauche pour unir les listes de gauche et écologistes aux élections européennes du 26 mai prochain. Diriez-vous que vous approuvez tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout cette initiative ?" Difficile, lorsqu'on se déclare engagé en politique, de dire que l'on est contre l'idée de faire voter les citoyens.

Mais il s'agit avant tout d'un coup tactique pour pousser ses éventuels partenaires à accélérer le mouvement. "Le véritable trait d'union à gauche, c'est moi", estime Benoît Hamon. Sa votation citoyenne ne verra sans doute jamais le jour, mais il n'est pas mécontent de son coup. Selon lui, si les appareils des partis de gauche n'ont pas donné suite, c'est parce qu'ils craignent le verdict des électeurs qui le placeraient, il en est certain, dans le tiercé gagnant.

Place Publique "concubine" du PS ; EELV, "écologie nulle part"

Et là, le fondateur de Génération.s dézingue. À commencer par Place Publique, le mouvement lancé par l'essayiste Raphaël Glucksmann pour unir la gauche, "concubine" avec les socialistes. "Raphaël, je l'ai mis en garde", assure Benoît Hamon, "le PS est radioactif, les anciens vallsistes y sont majoritaires". Il ajoute : "avec le PS, même si vous n'êtes que la roue de secours, vous restez accroché à la machine".

Les écologistes ? Avec leur désormais ni droite ni gauche et le passage de certains à la République en Marche, Hamon estime qu'ils se sont mis hors-jeu. Il résume en une formule : "Écologistes partout, écologie nulle part".

Seuls les communistes sont épargnés : même si les négociations sont au point mort, Benoît Hamon y croit : "laissons passer un peu de temps, ils vont revenir toquer à la porte".

Et quoiqu'il arrive, Génération.s dévoilera le 26 février ses 30 premiers candidats. Sans ordre, histoire de ne pas insulter l'avenir...

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