Portrait | Appelé par Marie-Noëlle Lienemann à faire candidature commune, l'ancien ministre "pas très loin des frondeurs" décline. Il veut faire entendre sa différence

Benoît Hamon organisera mercredi son premier meeting de campagne
Benoît Hamon organisera mercredi son premier meeting de campagne © AFP / Charly TRIBALLEAU

Candidat depuis le 16 août à la primaire à gauche, Benoît Hamon tiendra son premier meeting de campagne mercredi.

Ce n’est pas Benoît Hamon qui était visé par Manuel Valls lorsqu’il parlait des "gauches irréconciliables", mais il s’en est emparé pour affronter le premier ministre sortant, candidat lui aussi à la primaire et responsable selon Hamon de "la fracture qui s’est creusée au sein de la gauche". De Montebourg, il dit qu’il est "productiviste et souverainiste" et qu’avoir comme programme "produisons français, ça ignore 80% des préoccupations des Français".

Difficile de croire aujourd’hui que Benoît Hamon a été le cofondateur avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, du courant Nouveau Parti socialiste, l’aile gauche du PS au tournant des années 2000.

Homme d’appareil, ancien responsable du MJS, partisan du "non" au référendum sur la constitution européenne en 2005, Hamon n'est pas candidat lors de la primaire socialiste de 2011 où apporte son soutien à Martine Aubry.

Ministre délégué à l'Economie sociale solidaire dans le gouvernement Ayrault, il fait voter la loi consommation qui porte son nom. Il est ensuite durant 147 jours ministre de l'Education nationale dans le gouvernement Valls, dont il avait fortement souhaité, comme Arnaud Montebourg, qu'il remplace Jean-Marc Ayrault. Ses prises de position publiques, ses demandes de changement de politique économique, lui valent de se faire débarquer du gouvernement en même temps qu'Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti. La goutte qui a fait déborder le vase est une interview où il se décrit politiquement comme pas "très loin des frondeurs"... Benoit Hamon est le seul ministre de l’éducation nationale à n’avoir jamais effectué de rentrée scolaire !

Benoit Hamon a pris de vitesse Arnaud Montebourg en se déclarant en premier candidat. Il jugeait François Hollande "plus légitime" que Manuel Valls à défendre son bilan ou ses échecs à ses yeux : la déchéance de nationalité, la loi Travail, l'accueil frileux des réfugiés. C'est donc son "clone", comme il a qualifié Manuel Valls, qu'il devra finalement affronter. A priori.

Car lundi Marie-Noëlle Lienemann, elle-même candidate à la primaire, a appelé Benoît Hamon et Arnaud Montebourg à l'union autour d'un projet alternatif commun, se disant prête à "prendre ses responsabilités" pour "une candidature unique" face à celle de Manuel Valls.

Benoît Hamon, convaincu que "les quinquennats se succèdent, les hommes providentiels aussi, mais les problèmes des Français restent sans solutions" a répondu à cet appel lui aussi par une tribune publiée lundi soir par Libération.

Le rassemblement ce sont les électeurs qui le feront, répond le député des Yvelines,"ces derniers mois, les choix dictés par les sondages ont été systématiquement démentis par des électeurs qui rejettent ce système politico-médiatique qui décide pour eux", écrit-il."Le premier tour sera donc celui du choix. Le second sera celui du rassemblement". Ce qui s'appelle une fin de non-recevoir.

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