Denis Baupin, lors de questions au gouvernement en 2015
Denis Baupin, lors de questions au gouvernement en 2015 © MaxPPP

Après les révélations de France Inter et Médiapart sur des accusations de harcèlement et d'agressions visant Denis Baupin, des élus et militants se mobilisent pour changer les comportements masculins. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire. L'avocat du parlementaire a annoncé le dépôt d'une plainte pour "diffamation" contre France Inter et Mediapart.

L’onde de choc de l’affaire Denis Baupin continue d’éclabousser la classe politique française, alors que le journal Libération affiche cet appel lancé par un collectif de 500 militants et élus, pour le comportement des hommes change, et -qu’enfin- celui des femmes cesse de s’adapter.

Denis Baupin, qui a démissionné de son poste de vice-président de l'Assemblée pour assurer sa défense, s'est également mis en retrait du groupe écologiste, dont les membres souhaitent aujourd'hui qu'il le quitte complètement. Car les questions demeurent : qui savait quoi ? Et depuis quand ? Jusqu'où va l'omerta ?

Se taire, dans l’intérêt du parti

« Comme on nous dit que cela nous détruira, et que les intérêts du parti passent avant tout le reste, et bien on se tait » : ce que raconte Elen Debost est édifiant. Cette élue à la mairie du Mans dit avoir recu des centaines de SMS plus que déplacés en 2011.

Ecoutez le témoignage d’Elen Debos, interrogée par Cyril Graziani

Dans quelle mesure le parti EELV a-t-il couvert ces agissements ? Car depuis plus de vingt ans, il y a eu de nombreuses alertes, concernant un comportement potentiellement délictueux de Denis Baupin.

Des alertes déjà lancées

Cécile Duflot , l’ancienne patronne des Verts, confiait à France Inter qu’elle avait été « indirectement alertée ». Et quand c’était directement, c’était « longtemps après » les faits.

Quand on en parlait, certains disaient d’ailleurs qu’il ne fallait pas l’accabler, parce qu’il avait pris conscience de ses actes et se soignait (Cécile Duflot, à France Inter)

En 2013, la politiste Vanessa Jérome signe cet article intitulé (In)égalités des droits et questions sexuelles chez Europe écologie – Les Verts (EELV) . Elle ne cite pas le nom de Denis Baupin mais parle d’un « DSK des Verts ( …), un élu qui semble bénéficier d’une forme de bienveillance, qui n’est pas sans rappeler celle dont bénéficie Dominique Strauss-Kahn ».

Surtout, il y a cette intervention, le 9 mai 2015, au conseil fédéral d’EELV (le parlement du parti) : un électrochoc. Quelques jours après la tribune des femmes journalistes politiques, la présidente de la commission féminisme d’EELV Dominique Trichet-Allaire saisit l’occasion pour interpeller ses camarades sur des témoignages que son instance avait recueillis en interne. À la tribune, elle parle deharcèlement sexuel, d’agression sexuelle, et même de viol . Sidération totale selon des participants : certains l'ont huée, d'autres félicitée . La parole, ce jour-là a commencé peu à peu à se libérer.

Emmanuelle Cosse réagit

écoutez Emmanuelle Cosse "J'ai confiance en mon conjoint"

L'épouse de Denis Baupin et ex-secrétaire d'Europe-Ecologie Les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse , dit avoir appris les faits lundi dans les médias. Elle a réagi à l'affaire ce mardi sur France Info : "Ce n'est pas dans les médias que cela se règle, mais devant la justice (...) J'ai été trés touchée en tant que femme, en tant que compagne, en tant que mère et en tant que ministre ".

Ce mardi matin, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire , après la publication de ces témoignages qui mettaient en cause Denis Baupin.

"A cette heure, aucune plainte relative à ces faits n'a été reçue au parquet de Paris , précise le parquet dans un communiqué, l'enquête va s'attacher à recueillir les témoignages des victimes présumées qui se sont exprimées dans les médias (…) et à entendre tout témoin utile ". L'enquête a été confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | LireDes femmes dénoncent des faits de harcèlement et d'agression sexuelle de la part du vice président écologiste de l'Assemblée

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