vives réactions après la nomination de harlem désir aux affaires européennes
vives réactions après la nomination de harlem désir aux affaires européennes © reuters

Le premier secrétaire du Parti socialiste a été nommé mercredi secrétaire d’État aux affaires européennes. Une nomination qui semble rimer avec exfiltration après la lourde défaite des socialistes aux élections municipales. D’autant que sa succession à la tête du parti (il sera remplacé par Jean Christophe Cambadélis) est aussi contestée que sa légitimité dans ses nouvelles fonctions.

À peine nommé secrétaire d’État dans le « gouvernement de combat » de Manuel Valls, Harlem Désir est déjà mis en cause. Attaqué à sa gauche, il est dénigré par la droite.

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Les réactions à gauche

Yannick Jadot, député européen Europe Écologie les Verts:

L'Europe otage de la petite politique des premiers secrétaires du PS. Triste féodalisme socialiste.

Yannick Jadot était l'invité de Claire Servajean

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS:

Je trouve un peu étrange qu’on organise le gouvernement de la France en fonction des jeux internes au Parti socialiste et il me semble qu’il faut savoir séparer les choses : la vie du PS et l’organisation de l’État et du gouvernement.

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF:

Le président de la République se mue en DRH du PS et s'abaisse à un jeu de chaises musicales bien peu reluisant. Pire, en agissant ainsi il tourne une nouvelle fois le dos aux électeurs de gauche.

Les réactions à droite

Nathalie Kosciusko Morizet, ex-ministre UMP:

C’est le poste où l’on recase quelqu’un dont on ne sait plus quoi faire. C’est une grande offense faite à l’Europe.

Laurent Wauquiez, vice-président de l’UMP:

On met quelqu'un qu'on considère comme pas suffisamment compétent pour s'occuper du Parti socialiste et l'endroit où le recycler, c'est l'Europe. C’est une France faite de nains politiques qui n’ont plus le courage d’avoir la volonté de secouer la scène européenne.

Yves Jégo, président de l’UDI par intérim:

La nomination d’Harlem Désir est un signe de plus de l’euro-mépris du Parti socialiste.

Harlem Désir est pourtant député européen depuis 1999, il sait donc ce qu’il en est des affaires européennes. Sauf que, selon le site internet Votewatch Europe, qui mesure l’activité des députés, il ne participe que très peu aux votes : avec 50,15%, il se classe en 752ème position, sur un total de 766 députés. Pas très sérieux pour un secrétaire d’État aux affaires européennes. Conséquence de sa nomination au gouvernement, Harlem Désir, qui devait être à nouveau candidat pour un quatrième mandat lors des élections européennes du 25 mai 2014, ne se représentera pas . Il était tête de liste du PS en Île-de-France.Le Premier ministre, Manuel Valls, a volé jeudi matin au secours de son nouveau secrétaire d’État, lors d’un déplacement à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) : « On reproche souvent de mettre des personnes qui ne connaissent rien à l'Europe, lui connaît parfaitement ce qu'est l'Europe ».

La succession

Le premier secrétaire du Parti socialiste va laisser sa place à Jean Christophe Cambadélis, son ancien rival pour la direction du parti en 2012. Le bureau national du PS se réunira mardi après-midi pour entériner la succession, sans vote des militants donc, et en accord avec le numéro deux du parti, Guillaume Bachelay. L’aile gauche du parti dénonce une méthode autoritaire, le nouveau futur premier secrétaire du PS, Jean Christophe Cambadélis, tempère: « je souhaite qu'ils (les militants) soient consultés à la fois sur celui ou celle qui sera Premier secrétaire et puis sur les grandes questions d'organisation et de rénovation du parti socialiste ». Après la claque des municipales, le Parti socialiste fera donc en sorte de ne pas oublier ses militants.

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