Des députés de la majorité tirent le signal d'alarme et craignent que les commémorations de 14-18 soient perturbés par le sujet des taxes sur le gazole et l'essence. Ils appellent à des mesures, en urgence, pour aider les Français qui n'ont pas les moyens de changer de véhicule.

Les élus des territoires ruraux sentent monter la colère et appellent à plus de pédagogie et de mesures incitatives.
Les élus des territoires ruraux sentent monter la colère et appellent à plus de pédagogie et de mesures incitatives. © AFP / Thomas SAMSON

C'est un sujet qui risque d'être évoquer à chacune des étapes du périple commémoratif d'Emmanuel Macron. La hausse des taxes des carburants, censée inciter les Français à moins rouler et à se détourner du diesel, demeure une mesure impopulaire, vivement contestée par l'opposition et qui inquiète même au sein de la majorité.

Plusieurs députés craignent une vraie cassure. Il ne s'agit pas de frondeurs, plutôt d'un signal d'alarme. "Les gens se demandent si les prix vont encore monter et combien de temps ça va durer" témoigne Frédéric Barbier, élu du Doubs. 

Manque de pédagogie et de compensation pour ceux qui n'ont pas le choix

Les parlementaires qui constatent que les esprits s'échauffent sont pour la plupart issus des territoires ruraux. Ils dénoncent en chœur le  manque de pédagogie du gouvernement. "On a donné du pouvoir d'achat, mais à la pompe, cela s'annule", se désole Patrick Vignal, député de l'Hérault.

Mais au-delà du manque d'explications de cette mesure, des élus regrettent l'absence de compensation pour les Français qui n'ont d'autres choix que de prendre leur voiture. "Comme au surf, analyse Bruno Bonnell, député du Rhône, on risque de se prendre la vague sur la figure." 

Pour calmer les protestations, les députés préconisent de travailler à des incitations fiscales, des voitures électriques moins chères, des primes à la conversion, pour aider les conducteurs à se détourner du diesel. 

"Il faut d'urgence qu'on en discute", soupire Frédéric Barbier, pour qui le divorce n'est pas encore consommé, "à condition d'agir avant le 1er janvier". Car s'y profile une nouvelle hausse du carburant : 6 centimes pour le gazole, 3 centimes pour l'essence.

© Visactu
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.