Depuis mercredi, l'équipe de campagne de François Fillon rétrécit. Plusieurs membres démissionnent après l'annonce de son maintien malgré une possible mise en examen.

Défection dans l'équipe de campagne de François Fillon
Défection dans l'équipe de campagne de François Fillon © AFP / Christophe ARCHAMBAULT

Proches de Bruno Le Maire, de Jean-François Copé, d'Alain Juppé, de Nicolas Sarkozy... Ils sont une trentaine ce jeudi à avoir lâché François Fillon...

Dernier en date : le trésorier de la campagne de François Fillon rend son tablier et le fait savoir sur Twitter.

Juste avant lui, c'était au tour du directeur adjoint de campagne de François Fillon, Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire, de démissionner de ses fonctions, de même que le conseiller Vincent Le Roux.

"N'étant plus à même de remplir mes fonctions, j'ai présenté aujourd'hui ma démission de directeur adjoint de la campagne présidentielle afin de me consacrer pleinement à mon département de l'Eure (qu'il préside, ndlr) et à ma ville de Vernon", écrit-il dans un communiqué.

Trois parlementaires proches d'Alain Juppé : Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu, ont annoncé ensemble leur retrait d'une campagne prenant une "tournure incompatible" avec leur "façon d'envisager l'engagement politique".

Autre départ : Vincent Le Roux, proche d'Alain Juppé de longue date, qui était conseiller auprès du directeur de campagne, Patrick Stéfanini, a lui aussi jeté l'éponge car il n'est "plus en capacité d'apporter (son) plein engagement dans (ses) fonctions au sein de la direction de la campagne présidentielle".

Tout en restant, l'ex-candidat à la primaire, Jean-Frédéric Poisson, président du PCD (Parti chrétien démocrate) a lui exprimé ses doutes en expliquant qu'il ne se rendrait pas au rassemblement de dimanche de soutien à François Fillon, qualifié de "maladresse".

La décision de François Fillon est extrêmement étonnante. Je pense qu'elle ne le met pas en situation de faire campagne de façon efficace, mais c'est sa décision.

Sans dire clairement s'il maintient ou non son soutien à la campagne de François Fillon, le sarkozyste Gérald Darmanin a vivement déploré la situation à droite :

Alors que les centristes de l'UDI ont suspendu leur soutien, des Républicains comme Pierre Lellouche, proche de Nicolas Sarkozy, ont exprimé leurs doutes sur "le mode de défense" du candidat. Le député "sarkozyste" Georges Fenech est allé plus loin en invitant les élus à parrainer Alain Juppé, à l'image du sénateur LR Jean-Pierre Grand, ex-soutien du maire de Bordeaux.

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Une tribune pour dénoncer une une campagne prise en otage

Il ne fait pas partie de la campagne Fillon, mais sa parole a toujours du poids. Dominique de Villepin estime qu'en maintenant sa candidature à l'élection présidentielle, François Fillon "emporte son camp dans une course vers l'abîme". Et pour le faire savoir, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac a carrément publié une tribune dans le Figaro.

Le candidat ne peut aujourd'hui ni se faire entendre sur ses propositions, ni rassembler autour de son nom. Poursuivre dans cette voie sans issue, c'est prendre l'État, notre foi dans la démocratie et ses compagnons de route, en otages.

Droit dans ses bottes

Malgré les défections dans son camp, après avoir annoncé sa décision de rester candidat coûte que coûte, François Fillon a réagi jeudi à Nîmes en disant que "la base, elle, tient". "Les élus ? On fera sans eux", a-t-il lancé. "Je m'appuie sur les Français."

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