[scald=50261:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Hervé Morin s'engouffre dans la brèche laissée par le retrait de Jean-Louis Borloo en réaffirmant sa volonté de concourir à l'élection présidentielle de 2012, mais sa candidature est loin de susciter l'enthousiasme dans les chapelles centristes.

Même à 1% ou 2% d'intentions de vote dans les sondages, lorsqu'il est testé, le président du Nouveau Centre (NC) estime qu'il s'agit pour lui d'une obligation.

"Quel est le sens d'un parti politique si ce parti politique décide de renoncer? Il faut un candidat à l'élection présidentielle pour le Centre", a souligné mardi sur RTL.

Comme il aime à le dire, l'ancien ministre de la Défense, en rupture de ban avec Nicolas Sarkozy depuis 2010, ne "se cache pas derrière son petit doigt".

Ses intentions pour 2012 sont notoires depuis des mois et irritaient Jean-Louis Borloo, qui a jeté l'éponge dimanche soir.

A peine le président du Parti radical avait-il annoncé son désistement sur TF1 qu'Hervé Morin écrivait sur son compte Twitter un commentaire sans ambiguïté : "Je viens d'apprendre que Jean-Louis Borloo ne serait pas candidat, ma détermination n'a jamais été aussi forte".

L'ancien lieutenant de François Bayrou est allé plus loin mardi en affirmant : "Si je ne suis pas au second tour, j'appellerai à voter pour un candidat de droite".

"Ça n'est pas le moment de l'annonce de la candidature, c'est le moment du projet, et viendra le temps du top départ. Cela, on le décidera ensemble", a-t-il toutefois ajouté.

Critiquant à demi-mot la précipitation d'Hervé Morin, Yvan Lachaud, président du groupe NC à l'Assemblée, juge que "le temps de la désignation du candidat n'est pas encore venu".

L'ambition du dirigeant du Nouveau Centre se heurtait aux railleries de l'entourage de Jean-Louis Borloo et à une ferme hostilité dans les rangs de sa propre formation. La situation n'a pas changé depuis dimanche.

Le numéro deux de Jean-Louis Borloo, Jean-Christophe Lagarde, qui déplorait "une fausse candidature" avant le retrait de son champion, estimait dimanche soir sur Twitter : "Le Centre n'a donc plus de candidat crédible pour la présidentielle".

BORLOO S'EXPLIQUE

La sénatrice du Nord Valérie Létard, le ministre de la Ville Maurice Leroy, notamment, jugeaient également qu'Hervé Morin ne pouvait être le candidat de l'Alliance républicaine, écologiste et sociale (Ares), la confédération centriste née au printemps.

Le Nouveau Centre devait réunir mercredi son bureau politique pour évoquer les suites à donner à l'abandon de Borloo.

Ce dernier, qui n'avait pas informé son premier cercle de sa décision, s'est expliqué mardi matin à huis clos lors d'une réunion des instances dirigeantes du Parti radical, avec notamment les ex-UMP Rama Yade, Dominique Paillé et Yves Jégo.

Il a réaffirmé, comme dimanche soir sur TF1, que les conditions n'étaient pas réunies à ses yeux pour porter une candidature autre que "de témoignage".

Quant à son silence, il a expliqué qu'il craignait des "fuites", sur les réseaux sociaux notamment, ont rapporté des participants.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui n'a rien dit aux journalistes présents, reste à la tête du Parti radical, qui tiendra un congrès début 2012 pour "se prononcer sur son choix présidentiel", a précisé le numéro deux du mouvement, Laurent Hénart.

"Le parti a perdu avec la décision de Jean-Louis Borloo son candidat naturel", a-t-il dit à la presse.

"On n'a pas souhaité que les instances nationales soient modifiées, bien au contraire, la confiance à notre président Jean-Louis Borloo a été réaffirmée", a-t-il ajouté.

"Maintenant on se remet au travail, avec c'est vrai une autre façon de peser, mais toujours dans l'idée de faire passer ses idées et de faire en sorte que sa famille politique se construise, se renforce et progresse", a ajouté Laurent Hénart.

La parution de ce qui devait constituer le "livre-programme" de Jean-Louis Borloo est toujours programmée pour fin octobre.

La question d'une éventuelle candidature de substitution se pose désormais, sans trouver de réponse pour l'instant.

"Ce peut être un candidat radical, un candidat de l'Alliance, un autre ou pas de candidat du tout. Tout est possible", déclare un membre du Parti radical, illustrant la perplexité ambiante.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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