[scald=84433:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La France vit un nouveau "18 juin 1940" avec la perte de son "triple A" et doit entrer en résistance en élisant le 6 mai "le meilleur repreneur de la maison France", a déclaré mercredi Hervé Morin, qui a réservé ses attaques à François Bayrou.

Le président du Nouveau Centre, dont la candidature - contestée jusque dans son camp - ne recueille que 1% d'intention de vote, a fait assaut de métaphores, gaullistes et autres, pour marquer sa différence lors de ses voeux à la presse.

Revendiquant "300 parrainages", déterminé à aller "jusqu'au bout", l'ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy veut tirer "le positif" de la dégradation de la note souveraine de la France, "une sorte de 'juin 40 financier'".

"Un jour peut-être on se souviendra que c'est un 13 janvier 2012, comme ce fut le cas un 18 juin 1940, que tout a commencé, et que l'espoir est revenu car la France est à l'heure de sa vérité", a-t-il déclaré.

"Alors dans ce cas, soyons des de Gaulle, pas des Pétain. Ayons l'esprit de résistance et pas celui de l'abandon!", a-t-il lancé.

"Les Français sont un peu depuis vendredi dans la situation des juges du tribunal de commerce face à un sinistre d'entreprise", en quête du "meilleur repreneur", juge-t-il.

Au nombre des candidats, François Bayrou est d'ores et déjà disqualifié dans l'esprit d'Hervé Morin, qui fut son compagnon de route à l'UDF.

"Devant le tribunal de commerce, on n'arrive pas les mains vides avec uniquement de beaux discours", a-t-il estimé, accusant le candidat centriste de "populisme" avec ses propositions pour "produire français".

"Le 'consommer français', le 'produire français', ça sonne bien, ça fait plaisir. Mais la vraie question est beaucoup plus brutale que cela. C'est comment fait-on de la France un pays économiquement performant"?, a ajouté Hervé Morin.

"Stop à cette dérive du 'plus bleu blanc rouge que moi tu meurs'", a-t-il martelé en visant également Marine Le Pen, la candidate du Front national. "Cette France des candidats Dupont la joie, ce n'est pas ma France".

Exigeant de François Bayrou plus de "clarté", il a de nouveau dénoncé son ambiguïté.

"La politique, ce n'est pas au lendemain du premier tour de mettre ses propositions sur eBay et de dire ça sera au plus offrant", a dit par la suite Hervé Morin à des journalistes.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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