Hollande en visite à Florange.
Hollande en visite à Florange. © Maxppp

François Hollande est retourné à Florange (Moselle) ce lundi pour tenir une promesse faite aux ouvriers d'ArcelorMittal après la fermeture des hauts fourneaux, mais aussi pour tenter de transmettre un message d'optimisme, en inaugurant une plateforme publique de recherche et une usine aéronautique.

C'est la troisième fois en trois ans que le président se rend à Florange, dans la vallée sidérurgique de la Fensch. François Hollande a assuré avoir respecté ses engagements. Parmi eux, l'ouverture d'un centre de recherche et de développement dans la commune voisine d'Uckange, qu'il a inauguré ce lundi, mais aussi le refus de tout plan social après la fermeture des hauts fourneaux.

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Le chef de l'État a tout de même soigneusement évité la trentaine de manifestants de la CGT et les quelques dizaines de badauds qui l'attendaient à la porte principale des grands bureaux d'Arcelormittal. Un "manque de respect", aux yeux de plusieurs syndicalistes.

Le président a rencontré en fin de matinée la direction du site d'ArcelorMittal et d'anciens salariés des hauts fourneaux ayant retrouvé un poste en interne. Reportage de Marion Lagardère

Sur les 629 salariés des hauts fourneaux, 257 sont partis sur une base volontaire. Le reste a été reclassé dans le groupe.

"Florange doit être un anti-Gandrange"

Dans un entretien publié ce lundi par le Républicain Lorrain et l'Est Républicain, il dit croire "en l'avenir industriel" de la vallée de la Fensch :

Je reviendrai chaque année pour lutter contre le défaitisme, le scepticisme qui nourrit l'extrémisme.

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La mairie de Hayange, la commune où sont situés les hauts fourneaux d'ArcelorMittal, a basculé dans l'escarcelle du FN aux dernières municipales. "Florange doit être un anti-Gandrange", explique-t-il, en référence à l'aciérie lorraine fermée par ArcelorMittal en 2009 sous le mandat de Nicolas Sarkozy. À Florange, si les hauts fourneaux "n'ont pas été rouverts, il n'y a eu aucun licenciement, des investissements massifs sont lancés et le site crée de nouveaux emplois", fait-il valoir.

Espoir "refroidi, glacé, pétrifié", selon Aurélie Filippetti

ArcelorMittal a opportunément annoncé la semaine dernière 30 embauches de CDI à Florange, les premières sur le site depuis 2008. "Autant le seront en 2015 avec d'autres CDI et un doublement du nombre des apprentis", selon le président. Quant aux 180 millions d'euros d'investissements promis fin 2012 par le groupe pour moderniser son site, ils devraient être portés jusqu'à "plus de 240 millions d'euros d'ici 2017", selon Hollande.

Deux ans après, qu'en est-il de la promesse d'ArcelorMittal ? Éléments de réponse avec Cécile Soulé de France Bleu Lorraine

Tout en les saluant, l'ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti, députée PS de la Moselle, a nuancé ces acquis "arrachés" à ArcelorMittal, dans une adresse au président publiée dimanche sur Mediapart, dans laquelle elle fait part de sa "tristesse" et sa "désillusion" sur l'affaire Florange.

La "realpolitik" a rattrapé Hollande, regrette Aurélie Filippetti (interrogée sur France Info)

Selon elle, l'espoir soulevé par la visite du candidat Hollande en 2012 s'est aujourd'hui "refroidi, glacé, pétrifié avec les hauts fourneaux".

Troisième visite de Hollande à Florange
Troisième visite de Hollande à Florange © Radio France
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