[scald=109913:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

MONT-DE-MARSAN, Landes (Reuters) - Il a la voix un peu éraillée mais le verbe est foisonnant, l'humour caustique et la salle réactive : François Hollande a donné jeudi soir à Mont-de-Marsan le coup d'envoi de la phase finale de sa campagne de premier tour pour donner la "victoire à cette gauche qui l'attend depuis tellement longtemps".

Ce samedi, cela fera exactement un an que François Hollande est officiellement candidat à l'élection présidentielle.

A cinq semaines du but, l'effritement de sa cote dans les sondages, la montée du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, les suites des drames de Toulouse et Montauban ne semblent pas avoir entamé son "envie de gagner".

"C'est cette envie-là qu'il faut transmettre", déclarait-il après son meeting à des journalistes dans un coin de l'espace François-Mitterrand où l'ont applaudi plus de 5.000 personnes.

"Ce qui me donne mon énergie, c'est la victoire. Je veux donner une victoire à cette gauche qui l'attend depuis tellement longtemps", a insisté le candidat, qui a multiplié dans son discours les références au premier et seul président socialiste de la Ve République, qui aimait venir réfléchir et se reposer dans sa résidence landaise voisine de Latche.

Pour Manuel Valls, son directeur de la communication, l'objectif est clair.

"Il faut entraîner, ces trois dernières semaines seront décisives. François Hollande est le seul qui puisse battre Nicolas Sarkozy", déclare-t-il.

"ÇA Y EST, ÇA SE TEND"

A ceux qui jugent que la campagne socialiste manque de puissance, l'ancien candidat à la primaire rappelle que des dizaines de réunions animées par des ténors du PS sont organisées quotidiennement dans tout le pays.

"Nous sommes les seuls à faire cela. Tous les soirs, vous avez des milliers de citoyens qui participent à nos réunions publiques, il y a beaucoup de monde", assure-t-il.

Les attaques de Nicolas Sarkozy, qui a emprunté à François Hollande son slogan de campagne en affirmant "Le changement c'est nous", n'émeuvent pas l'entourage du candidat socialiste, pas plus que les piques de Jean-Luc Mélenchon, qui vise le second tour et refuse d'être "l'otage" des socialistes.

"L'électorat qui va se porter sur Mélenchon a envie de gagner l'élection présidentielle. Il ne va pas laisser passer sa chance. L'électorat de Mélenchon sera à 95% mécaniquement pour François Hollande au second tour", analyse un responsable.

Après le silence observé suite aux tueries de Toulouse et Montauban, les premiers discours emprunts de gravité visant à ne pas laisser Nicolas Sarkozy mener seul le deuil national et s'arroger le thème de la sécurité, François Hollande a repris sa campagne comme il l'aime : au plus proche des gens.

"Je sais ce qu'est une campagne, j'aime ce moment où ça y est, ça se tend. On rentre dans un combat", dit le candidat, entré en politique il y a 30 ans. "Maintenant je n'ai pas à me retenir, on est dans une phase conclusive. Ce qui va compter c'est l'adhésion".

COMBAT DE SUMO

De promenades dans les centres-villes en visites d'usine, de points presse en meetings parfois en plein air, comme à Bondy lundi et Nice mercredi, François Hollande aime le terrain et c'est ce schéma qu'il compte reprendre pour les trois semaines qui restent avant le premier tour.

Après un week-end à Mayotte à La Réunion, le grand rassemblement de Rennes annulé pour cause de deuil national a été reprogrammé mercredi. Suivront une tournée dans le Sud (Aude, Gard) et dans les banlieues lyonnaise et parisienne. De grandes réunions sont annoncées à Besançon, Lille puis le 15 avril au bois de Vincennes, près de Paris.

Lors de ces ultimes rendez-vous, à l'heure où se cristallise le vote, François Hollande veut expliquer ce que son élection changerait concrètement dans la vie de ses concitoyens.

"Il faut se projeter dans les six premiers mois de présidence, montrer ce qui va changer. Et puis accrocher l'électeur, rester dans la cohérence et rappeler que la victoire passe par un score haut au premier tour", souligne un proche.

Pas question pour autant de sous-estimer l'adversaire.

"Une campagne présidentielle, c'est un combat de sumo, je n'avais jamais imaginé que ce serait un chemin tranquille. François Hollande va se battre jusqu'au bout", disait à Mont-de-Marsan l'ancien premier secrétaire du PS Henri Emmanuelli.

Prêt à la "confrontation" avec celui qui a promis de "l'exploser" entre les deux tours, François Hollande a prévenu le camp adverse dès lundi face au Bondy blog : "Tous ceux qui m'ont sous-estimé ont perdu".

Edité par Yves Clarisse

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