[scald=109275:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

NICE (Reuters) - François Hollande a tenté mercredi à Nice de muscler sa campagne par un discours offensif à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans lequel il a réaffirmé son objectif de redresser la France au terme d'un "quinquennat de l'échec".

Le candidat socialiste à la présidentielle était précédé sur scène par Arnaud Montebourg, candidat à la primaire ayant bâti son discours sur le thème de la lutte contre la "finance folle".

Devant quelque 2.000 personnes (2.500 selon le PS) réunies sous le soleil dans le Théâtre de verdure de Nice, à deux pas de la promenade des Anglais et de la Méditerranée, François Hollande a brocardé sans relâche, usant de l'ironie dont il est coutumier, le "quinquennat de l'échec" du "candidat sortant".

"Tant de doutes s'installent dans les esprits" au terme de ce "quinquennat de l'incohérence, de la virevolte, du zigzag, de la contradiction", a-t-il énuméré d'une voix éraillée devant un public très réactif scandant régulièrement "François président" au son des cornes de brume.

Dans une ville de tradition conservatrice, François Hollande a raillé la proposition de Nicolas Sarkozy de créer des "conseils de soutien" dans les écoles : "Il est bien temps quand il a été supprimé 80.000 postes dans l'Education !"

La sécurité "n'est pas l'apanage d'un parti politique ou d'un candidat, c'est une obligation de tout gouvernement", a-t-il aussi déclaré, attaquant en outre l'actuel gouvernement sur le thème de la laïcité.

"Dans la République, c'est l'instituteur qui transmet le savoir même (si) c'est la liberté dans la République d'avoir sa conscience, sa conviction et son culte protégé et respecté", a-t-il dit en réponse à un discours où Nicolas Sarkozy avait vanté la "laïcité positive" et le rôle du curé.

Pour François Hollande, "la laïcité n'est pas une valeur à éclipses" et "doit être regardée non pas comme une intransigeance mais comme un principe intangible".

Le candidat socialiste a aussi dénoncé la tendance à droite d'attaquer la gauche pour occulter ses propres manquements.

"Par moments dans cette campagne j'ai l'impression que c'est moi le sortant", a-t-il plaisanté.

"J'AI UN CAP ET JE N'EN DÉVIE PAS"

"'Si la gauche revient, elle va vider les caisses...' C'est fait ! 'ça va être la dette' : elle est historique !", a-t-il lancé en se mettant dans la peau des ténors de la majorité.

Alors que les sondages commencent à s'effriter pour son camp, notamment à la faveur du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, François Hollande reste impassible. "J'ai un cap et je n'en dévie pas", a-t-il répété à Nice.

"Il faut garder toujours le même rythme, il ne faut jamais se laisser impressionner par l'adversaire", a-t-il dit aux journalistes après son meeting. "Il faut avoir confiance dans la relations que j'ai établi avec les Français".

"Il n'y a pas besoin de créer je ne sais quel nouveau souffle mais en même temps il nous faut entretenir cette dynamique jusqu'au bout", a-t-il ajouté.

A ceux qui lui reprochent de ne pas faire de nouvelles propositions, François Hollande a rappelé qu'il en avait fait 60 et restait désireux de "donner une cohérence, montrer une vision, donner une confiance".

"Je ne me détournerai pas de cet objectif : d'abord le redressement en maîtrisant la finance", a dit dans son discours celui qui a fait de la finance son principal adversaire.

"Je ne veux pas créer une illusion, une victoire sans lendemain (...) Oui, ,je tiendrai bon jusqu'au bout", a-t-il ajouté, assurant que "rien n'est joué" à trois semaines et demi du premier tour de l'élection présidentielle.

Edité par Patrick Vignal

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