Le Président est intervenu dimanche soir sur TF1. Il se dit "tout près du but" sur le chômage, assure qu'il n'y aura pas de nouvelles taxes en 2014, ne change rien sur la fiscalité du diesel et estime que la menace militaire a payé en Syrie.

A ECOUTER : > L'analyse de Cyril Graziani

Chômage : "On est tout près du but"

Augmentation du chômage au deuxième trimestre
Augmentation du chômage au deuxième trimestre © Radio France

La courbe du chômage est sur le point de s'inverser en France grâce aux emplois aidés et à la reprise de la croissance, a déclaré dimanche François Hollande, qui a maintenu sa promesse d'endiguer la hausse du chômage avant la fin de l'année. "On est tout près du but", s'est félicité le chef de l'Etat, il a jugé que la mise en oeuvre de dizaines de milliers de contrats aidés comme les emplois d'avenir commençait à porter ses fruits.

Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a augmenté de 0,1 point au deuxième trimestre 2013 pour atteindre 10,5% en France métropolitaine, son plus haut niveau depuis fin 1997.

"Nous y sommes presque", a dit le président qui a également fait montre d'optimisme sur le front de l'activité économique. "La croissance commence à redémarrer", a jugé le chef de l'Etat pour qui le secteur privé devrait prendre le relais du public pour porter les créations d'emplois. "Ce sont les investissements des entreprises qui seront décisifs", estime le président.

De nombreux économistes jugent la promesse de François Hollande sur le chômage irréaliste en raison d'une croissance toujours atone et estiment que les rangs des chômeurs devraient continuer à croître durant la première moitié de 2014.

Le gouvernement table sur une croissance de 0,1% en 2013 et de 0,9% en 2014, une performance qui a obligé le gouvernement à revoir à la hausse ses prévisions de déficit public.

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lien_dossier_chomage © Radio France

"Ce n'est pas rendre service à l'écologie que de la réduire à des impôts"

François Hollande a tenté de rassurer sur le front fiscal et confirmé qu'il n'y aurait aucune taxe nouvelle introduite dans le budget 2014. "J'ai décide de faire des économies", a dit le chef de l'Etat, qui a promis que le redressement budgétaire serait dorénavant accompli via une baisse des dépenses plutôt qu'une hausse de la fiscalité.

Le projet de budget 2014 prévoit 15 milliards d'euros d'économies, 9 pour l'Etat et 6 pour la Sécurité sociale. Trois milliards d'euros sont prévus en termes de nouveaux prélèvements, mais deux proviendront des recettes attendues de la lutte contre la fraude fiscale.

La décision de François Hollande de ne pas procéder à une hausse de la fiscalité du diesel pourrait néanmoins contribuer à tendre davantage avec ses alliés écologistes. Le ministre de l'Ecologie Philippe Martin a suscité la colère des Verts mercredi en laissant entendre que le diesel conserverait son avantage fiscal sur l'essence en 2014. "Ce n'est pas rendre service à l'écologie que de la réduire à des impôts", leur a répondu François Hollande qui pourrait néanmoins faire un geste pour calmer ses alliés. Selon le journal Les Echos, le gouvernement envisage de proposer une contribution climat-énergie plus ambitieuse que prévu via une "assiette carbone" introduite dans diverses taxes liées à l'écologie.

Le discours que doit prononcer François Hollande vendredi à l'ouverture de la deuxième conférence environnementale sera suivi de près par les écologistes après le cafouillage de cette semaine autour de la taxe diesel. Le secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Pascal Durand, a donné samedi six jours au gouvernement pour s'engager concrètement dans la transition énergétique.

A ECOUTER : > La réaction de Noël Mamère : "si le changement, c'est maintenant, l'écologie, c'est demain."

"La prochaine étape, ça doit être de trouver la solution politique à la crise syrienne"

Vers un accord sur la Syrie ?
Vers un accord sur la Syrie ? © Radio France

François Hollande a jugé possible de parvenir à la fin du mois à un accord sur une solution politique à la crise en Syrie maintenant que la menace d'une intervention militaire a incité Damas à accepter la destruction de son arsenal chimique.

Le président français s'est félicité de l'accord conclu ce week-end entre Russes et Américains, qui donne au gouvernement syrien une semaine pour remettre la liste exhaustive de ses armes chimiques en vue de leur destruction totale d'ici le milieu de l'an prochain. "La pression, qui a été donc suffisamment forte, a convaincu la Russie, Poutine, de prendre une initiative, tant mieux", a-t-il dit, ajoutant qu'il s'agissait d'une "étape importante".

Dès lundi, François Hollande se réunit à Paris avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, le secrétaire au Foreign Office William Hague et le chef de la diplomatie française - les trois membres permanents occidentaux du conseil de sécurité de l'Onu -, et Laurent Fabius se rendra ensuite en Russie. "Nous allons mettre en forme la prochaine résolution du conseil de sécurité qui va prendre l'accord et le traduire", a-t-il expliqué lors de son intervention télévisée en estimant qu'elle pourrait être votée "avant la fin de la semaine". Ce texte prévoira des vérifications en Syrie, l'identification des 50 sites où est caché l'arsenal chimique syrien et les modalités de sa destruction en 2014, a-t-il dit en jugeant le calendrier "sans doute (...) un peu ambitieux".

"Nous devons faire en sorte qu'il y ait la possibilité (dans la résolution) d'une sanction s'il n'y a pas application", a-t-il précisé en jugeant que c'est la menace de frappes militaires qui avait permis de faire bouger la Syrie et la Russie. "Convenons que cette stratégie a porté puisque nous en sommes arrivés au point où maintenant la menace de sanctions n'est plus portée par des pays mais pourrait l'être par le conseil de sécurité des Nations unies", a-t-il souligné.

Mais François Hollande veut mettre à profit la dynamique actuelle pour trouver rapidement une solution à la crise. "La prochaine étape, ça doit être de trouver la solution politique à la crise syrienne et ça nous pourrions le faire si chacun est conscient de la gravité de la situation, mais aussi de l'opportunité qui nous est donnée, nous pourrions le faire dès l'Assemblée générale des Nations unies à la fin du mois de septembre", a-t-il expliqué. Le chef de l'Etat français envisage cette solution sans Bachar al Assad, qui, n'étant "pas le représentant de la Syrie", doit "partir" dans le cadre du règlement du conflit. L'accord politique devra faire en sorte que "ceux qui vont être chargés de la transition soient des démocrates, car il ne s'agit pas d'installer ceux que nous avons combattus au Mali ou il y a quelques mois en Libye", a déclaré François Hollande.

"Faisons attention de ne pas installer ceux que nous considérons comme aussi dangereux que Bachar al Assad puisquetous les deux, Bachar al Assad et les djihadistes, sont des massacreurs ", a-t-il conclu.

A ECOUTER : > La réaction de Luc Chatel : "La France qui avait mal préparé cette crise est en train de subir un camouflet."

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