[scald=105605:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande a défendu dimanche "l'exception culturelle" française lors d'une journée entamée au Salon du Livre et conclue au Cirque d'hiver par une soirée de soutien à la création devant un parterre de personnalités du spectacle.

La chanteuse Juliette Greco, l'acteur Michel Piccoli, la comédienne Dominique Blanc, l'écrivain Florence Malraux, le pianiste André Manoukian, les réalisateurs Jean-Jacques Beineix et Abdellatif Kechiche, tous réunis sous le label "Génération création" créé à l'occasion de l'élection présidentielle, ont exprimé par leur présence leur soutien au candidat PS.

"Je reprendrai, si les Français m'en donnent mandat, la grande aventure culturelle de la France", a dit ce dernier devant 1.500 personnes assises sur les gradins, confirmant son souhait de "rétablir l'autorité" du ministère de la Culture dont le budget sera "sanctuarisé".

François Hollande a dit vouloir lancer "l'acte II de l'exception culturelle", permettant "l'accès de tous aux biens, aux oeuvres, aux manifestations de l'esprit, à l'émotion".

Partisan d'une TVA à taux réduits "pour tous les biens culturels, quels que soient leurs supports", François Hollande a défendu les cultures urbaines et promu la collaboration entre Etat et collectivités pour promouvoir l'activité artistique.

S'il est élu, "les présidents des chaînes seront nommés par une instance indépendante" et une loi d'orientation sur le spectacle vivant devrait voir le jour, a-t-il dit.

Devant les stars engagées à gauche assises face à lui, François Hollande a fait allusion dans un sourire au soutien apporté à Nicolas Sarkozy par certains de leurs pairs comme les acteurs Christian Clavier et Gérard Depardieu.

"J'ai compris qu'il y avait des artistes qui ne me soutenaient pas dans cette élection", a-t-il dit. "Il faut accepter le pluralisme, il faut accepter la contradiction (...) Rien que d'avoir cette attitude nous distingue tellement de nos concurrents".

"MALHEUREUSE PRINCESSE DE CLÈVES"

Le candidat socialiste a truffé son discours de piques à l'égard du président.

Evoquant la "malheureuse" princesse de Clèves, le livre de Madame de La Fayette dénigré par le chef de l'Etat, il a noté que "jamais princesse dans l'histoire de la République n'aura reçu autant de soutien populaire".

Quant à l'idée controversée du président sortant de créer un musée de l'histoire de France, François Hollande a dit, comme sûr de sa victoire : "Ce sera au musée que sera finalement défendue l'oeuvre du candidat sortant".

Un spectacle éclectique avait précédé le discours du candidat.

La fille de l'ex-président François Mitterrand, Mazarine Pingeot, a lancé les festivités avec une lettre de Louise Michel à Victor Hugo.

Se sont ensuite succédé, sur scène ou sur écran, rappeurs et taggeurs, un violoniste virtuose, le batteur de jazz Aldo Romano, la chanteuse Joyce Jonathan, qui a interprété "Le Temps des cerises", et des danseurs de la compagnie Bianca Li.

Lunettes noires et démarche saccadée, l'humoriste Gérald Dahan a fait rire la salle en imitant Nicolas Sarkozy dans un sketch entièrement composé de mots finissant par "tion" - y compris "pipolisation", "fouquetisation" et "carlabrunisation".

Le chanteur Ridan, engagé au Front de gauche, est lui aussi venu chanter. Il était intervenu plus tôt dans l'après-midi au meeting du candidat Jean-Luc Mélenchon à Bastille, à quelques encablures du Cirque d'hiver.

L'acteur Denis Podalydès, qui avait interprété Nicolas Sarkozy dans le film "La Conquête", est venu sur scène, tout comme le diplomate Stéphane Hessel, 94 ans, qui a lu un extrait de la Déclaration universelle des droits de l'homme qu'il a contribué à écrire. Le groupe de musique antillaise Neg'Maron a fermé le bal.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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