[scald=107893:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Hollande a pris samedi la Corse, la région d'Europe qui connaît le plus grand nombre d'homicides par rapport au nombre d'habitants, comme exemple de l'échec de la politique de Nicolas Sarkozy en matière de sécurité.

En déplacement à Ajaccio, sur une île qui avait voté en 2007 à plus de 60% pour le candidat sortant à l'élection présidentielle, le candidat socialiste a vivement critiqué lors d'un meeting le bilan d'un quinquennat "où les violences faites à la personne (ont été) en constante augmentation".

La Corse a enregistré en 2011 22 homicides et tentatives d'homicide pour 300.000 habitants, un record en Europe.

"C'est un territoire exposé aux violences et aux assassinats et depuis cinq ans, il y a eu 20 homicides par an en moyenne et il (Nicolas Sarkozy) viendrait nous faire des leçons sur la sécurité et les lois?", a déclaré François Hollande.

"L'Etat doit être sans faiblesse et lutter contre le crime organisé, comme contre les bandes", a-t-il ajouté dans un contexte marqué par l'assassinat de sept personnes par un tueur abattu par la police jeudi dernier.

Il a estimé que le "dépaysement" des affaires judiciaires sur le Continent, essentiellement au sein de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille ou de la sous-direction antiterroriste de Paris, était néfaste.

"Les dossiers doivent pouvoir être traités en Corse", a déclaré François Hollande à la presse.

François Hollande s'est démarqué sans le renier de l'héritage de François Mitterrand, qui a entamé la première décentralisation en faveur de la Corse, et de Lionel Jospin, qui a développé les accords Matignon développant les compétences de l'assemblée territoriale en 2002.

Il a assuré ne pas vouloir d'un nouveau statut particulier pour l'île mais souhaiter une "nouvelle étape de la décentralisation sur le territoire national."

Mais le candidat entend préserver la "diversité"» et "l'identité" : "Elles préservent l'unité nationale".

Il a annoncé des initiatives en matière de logement.

"Nous voulons agir contre la spéculation immobilière et nous mettrons des terrains à la disposition des collectivités pour que l'on puisse construire et dans le même temps, nous doublerons le livret A : nul ne doit craindre l'autre, ni jalouser autrui", a-t-il expliqué.

Roger Nicoli, édité par Yves Clarisse

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