cor-"l'esprit de résistance" va entrer au panthéon
cor-"l'esprit de résistance" va entrer au panthéon © reuters
Correction bien lire au premier paragraphe Germaine Tillion. par Elizabeth Pineau PARIS (Reuters) - Le président François Hollande a annoncé vendredi l'entrée l'an prochain au Panthéon de quatre résistants français, dont deux femmes : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Sous un soleil rappelant celui du 21 février 1944, le chef de l'Etat présidait une émouvante cérémonie au Mont-Valérien, dans la clairière où furent fusillés, 70 ans plus tôt, 22 membres du groupe résistant Manouchian et trois lycéens bretons. Comme eux, plus d'un millier d'autres condamnés à mort furent exécutés durant la Seconde guerre mondiale au fort du Mont-Valérien, à l'ouest de Paris. "Tous ces noms sont l'honneur de la France", a dit François Hollande devant l'immense croix de Lorraine de pierre rouge où sont inscrits les mots du général de Gaulle : "Quoi qu'il arrive, la flamme de la Résistance ne s'éteindra pas." Après un hommage aux martyrs, le chef de l'Etat a annoncé sa décision "de faire entrer au Panthéon l'année prochaine quatre grandes figures qui évoquent l'esprit de résistance". "Deux femmes, deux hommes qui ont incarné les valeurs de la France quand elle était à terre (...) qui se sont dressés à la leur façon, chacun à leur manière", a-t-il dit. La cérémonie aura lieu le 27 mai 2015 lors de la Journée nationale de la résistance, a précisé le président. CHOIX CONSENSUEL Ce choix consensuel clôt plusieurs mois de réflexion, nourrie par le rapport du président du Centre des monuments nationaux, Philippe Belaval, qui préconisait notamment l'entrée de femmes au Panthéon, où seule Marie Curie est honorée en son nom propre, parmi 71 "grands hommes". Décédée en 2008 à l'âge de 100 ans, Germaine Tillion a été déportée fin 1943 au camp de Ravensbrück, où mourra sa mère, résistante comme elle. Ethnologue de formation, elle aida de nombreux prisonniers à s'évader pendant la Seconde guerre mondiale et s'engagea aussi pendant la guerre d'Algérie. Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002), nièce du général, fut elle aussi déportée à Ravensbrück pour faits de résistance. Elle présida ensuite, de 1964 à 1998, l'organisation en faveur des plus démunis ATD Quart-Monde. Les deux femmes étaient inséparables dans la vie. S'il décrit "une merveilleuse maman", son fils François-Marie Anthonioz, présent au Mont-Valérien, ajoute qu'il sait "depuis tout petit" que sa mère est "une héroïne de la France". "Après les camps, elle voulait entrer au carmel. Et puis elle a rencontré Bernard Anthonioz, jeune résistant savoyard, et elle l'a demandé en mariage ...", a-t-il raconté à Reuters. Autre "panthéonisé", Jean Zay est un ancien ministre de l'Education nationale du gouvernement du Front populaire, assassiné par des miliciens en juin 1944. "Jean Zay, c'est la République. C'est l'école de la République", a dit le président. VALEURS Journaliste et homme politique socialiste, Pierre Brossolette a rejoint le général de Gaulle à Londres en 1942. Arrêté deux ans plus tard, torturé, il est mort en se jetant par la fenêtre, sans avoir parlé. Pour sa petite-fille, la journaliste Sylvie Pierre-Brossolette, "il méritait mille fois d'entrer au Panthéon pour son engagement extraordinaire jusqu'à la mort. Aujourd'hui il va rejoindre Jean Moulin". "Célébrer la Résistance, montrer des héros qui sont allés au bout de leur engagement, j'espère que ça va donner du coeur à l'ouvrage aux Français", a-t-elle ajouté. Le secrétaire national du parti communiste, Pierre Laurent, a regretté que des résistantes communistes ne figurent pas au nombre des personnalités accueillies au Panthéon. A ses yeux, "la défense des valeurs de la République" reste d'actualité à l'heure où "on entend des choses qui font peur, qui nous font craindre la résurgence de forces d'ultra-droite, extrémistes, inquiétantes". Avant de repartir, François Hollande a évoqué la situation en Ukraine, où la répression de manifestations a fait plus d'une soixantaine de morts. "La France a un rôle international à jouer, d'autant plus fort, lourd, qu'il est fondé sur les valeurs que nous représentons. Et qui aujourd'hui ont été incarnées par le groupe Manouchian et par tous ceux qui ont été fusillés ici, au Mont-Valérien", a dit le chef de l'Etat. Le groupe Manouchian, du nom du poète d'origine arménienne Michel Manouchian, était un réseau constitué notamment de Polonais, Hongrois, Arméniens et Italiens, la plupart de confession juive. Edité par Emmanuel Jarry
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