[scald=108431:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Entre attaques en règle de Nicolas Sarkozy, poussée de Jean-Luc Mélenchon et gestion des suites des tueries de Toulouse et Montauban, François Hollande est mis au défi de préserver sa place de favori sans perdre son âme dans ce dernier mois de campagne.

Les premiers sondages réalisés après le choc des meurtres en France et du décès de leur auteur, Mohamed Merah, donnent le candidat socialiste au coude à coude avec Nicolas Sarkozy au premier tour et toujours largement en tête au second.

Passés les trois jours de deuil national, la campagne a vite repris ses droits, François Hollande mettant un point d'honneur à ne pas laisser la droite seule sur le thème de la sécurité.

Lors d'un discours volontariste à Aurillac jeudi soir puis ce week-end en Corse, il s'est fait incisif contre l'exécutif, s'interrogeant sur les leçons à tirer des drames récents et fustigeant le bilan de dix ans de "sarkozysme" au ministère de l'Intérieur puis à l'Elysée.

Dimanche à Bastia, il a semblé opérer un virage en replaçant en tête des thèmes de campagne les "urgences" que sont le chômage, le pouvoir d'achat, la précarité et les inégalités.

"Une campagne présidentielle doit répondre à une demande de changement ou de continuité", a-t-il résumé. "Donc le choix, il est toujours le même et sera toujours dans les mêmes termes : Est-ce qu'on veut continuer cinq ans de plus une politique qui a échoué ? Ou est-ce que l'on veut changer et donner un espoir au pays ? Je porte cette volonté de changement".

La nouvelle semaine de campagne qui commence est dense.

François Hollande devait tenir lundi soir une réunion publique à Bondy, en banlieue parisienne. Il est attendu mardi à Calais et Boulogne-sur-Mer, mercredi à Nice, jeudi à Montpellier et Mont-de-Marsan. Il passera le week-end dans l'océan Indien, à Mayotte et à La Réunion.

HARO SUR L'ABSTENTION

Malgré le choc de Toulouse et Montauban et les critiques sur une campagne manquant de relief, pas question de changer de cap, assurait-il vendredi devant la presse dans son fief de Tulle.

"Ceux qui pensent que Nicolas Sarkozy n'a pas un bon bilan ne changeront pas de position", affirmait-il, désireux de passer la vingtaine de jours qui le séparent du premier tour à expliquer encore le "sens du changement" qu'il propose au pays.

Son entourage parie aussi sur sa constance face aux attaques de Nicolas Sarkozy.

"Il y a la volonté à droite de discréditer personnellement François Hollande", analysait son directeur de campagne, Pierre Moscovici, sur i> Télé. "Mais François Hollande a montré tout au long de cette campagne qu'il était quelqu'un de constant, qui avait un cap, qui avait une vision, qui ne se laisse pas détourner par l'écume des choses".

Le PS, par la voix de son porte-parole Benoît Hamon, est passé à l'attaque sur les thèmes du chômage - dont les chiffres à la hausse sont attendus dans la soirée -, des "dysfonctionnements" des services de renseignements ou encore des développement de l'affaire Bettencourt.

Parmi les écueils érigés sur la route de l'Elysée figure l'abstention, que le Parti socialiste veut contrer par une campagne de mobilisation destinée à encourager la participation et la procuration, alors que les deux tours correspondent aux vacances scolaires de Pâques.

Ces derniers jours ont aussi été marqués par la remontée de Jean-Luc Mélenchon, promu "troisième homme" de la campagne.

"On n'est pas dans un stress par rapport à ça", disait-on lundi dans les couloirs du PS. "Il a siphonné le reste de la gauche mais pas vraiment les voix de Hollande"

"L'avantage de Jean-Luc Mélenchon, c'est qu'il n'a aucun examen de sérieux à passer, aucune figure imposée, aucun décryptage de son programme", faisait-on remarquer.

Invité de BFM-TV et RMC, l'ancien candidat du Nouveau parti anticapitaliste Olivier Besancenot mettait quant à lui la gauche en garde contre tout déraillement de la campagne, la "question centrale" devant selon lui rester "l'insécurité sociale".

Edité par Patrick Vignal

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