PARIS (Reuters) - "Le contrat entre la nation et l'école" souhaité par François Hollande se fera sur la base de la confiance et donnera lieu à des évaluations et des contreparties, a déclaré dimanche le candidat socialiste à l'élection présidentielle.

En visite au Salon de l'éducation, à Paris, le député de Corrèze a rappelé que l'Education nationale ferait l'objet d'une loi de programmation avant la fin 2012, s'il est élu président de la République au printemps prochain.

"Si je parle de la jeunesse et donc de l'éducation, c'est pour fédérer la nation autour d'un projet qui nous dépasse", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "C'est un contrat entre la nation et l'école qu'il faut de nouveau passer."

Ce contrat "aura à dégager les moyens mais aussi des contreparties", a-t-il poursuivi, rappelant les "marges de manoeuvres extrêmement limitées dans un contexte économique qui sera sombre".

S'il est élu le 6 mai 2012, François Hollande prévoit d'engager "dès l'été" une "concertation pour voter une loi de programmation à la fin de l'année".

"Cela ne se fera pas en un jour", a dit le candidat. "Cela se fera par la mobilisation de tous, des objectifs qui seront précisés et une évaluations des moyens qui seront apportés."

Le candidat a rappelé son souhait de créer à partir de 2013 12.000 postes par an dans l'éducation - des enseignants mais aussi du personnel d'encadrement pour la prévention des violences, la santé ou l'accueil des élèves handicapés.

"Cet engagement est nécessaire si nous voulons que l'école réponde à ses missions mais la contrepartie c'est d'avoir des réformes, améliorer le système éducatif", a-t-il ajouté.

La création de 12.000 emplois coûterait 500 millions d'euros par an, selon les calculs du PS, 390 millions selon l'Institut de l'entreprise.

LA FRANCE DE DEMAIN

François Hollande et ses adjoints ont comparé ces chiffres avec les trois milliards à investir dans la construction de 30.000 places de prison supplémentaires promises par l'actuel gouvernement.

"1,9 milliard au bout de cinq ans, pour faire la France de demain, c'est quand même moins cher que tous les cadeaux fiscaux", a dit Vincent Peillon, chargé du pôle Education dans son équipe de campagne.

Aux yeux du député européen, les critiques de la droite ne sont que de la "basse polémique".

"Sur l'école, jusqu'au bout de la campagne, il y aura confrontation avec la droite. Ce n'est pas seulement deux projets pour l'école, c'est deux projets de société", a-t-il souligné dans les allées du Salon.

"Quand quelqu'un est malade, soit vous le soignez, et c'est le souhait de tous les Français, soit vous l'achevez, et c'est visiblement ce que M. (le ministre de l'Education, Luc) Chatel est en train de faire", a-t-il ajouté.

François Hollande a passé environ une heure et demie dans les allées du Salon de l'éducation, saluant enseignants, élèves et étudiants devant les caméras.

Le candidat PS a confirmé son intention de "multiplier" les rencontres sur le thème de l'éducation - il devrait recevoir personnellement les syndicats début 2012.

Bernadette Groison, secrétaire générale du syndicat FSU, souhaite un dialogue constructif.

"Les annonces qu'il a faites sur le recrutement donnent un signe qu'il se place en rupture avec ce qui se fait aujourd'hui", a-t-elle dit à Reuters. "Rien ne se fera sans les personnels, sans la communauté éducative, tout le monde attend des signes aujourd'hui, et après les électeurs trancheront."

Elizabeth Pineau, édité par Jean-Baptiste Vey

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.