[scald=80781:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

TULLE, Corrèze (Reuters) - Promenade au marché, repas des anciens, voeux aux forces vives et meeting à Tulle : François Hollande a présenté samedi ses voeux aux Corréziens, sur la terre rurale qui nourrit son ambition présidentielle.

Député et président du Conseil général de ce département du centre de la France, le candidat socialiste a recueilli les encouragements de ses administrés dans son combat pour accéder, le 6 mai prochain, à l'Elysée.

"Je ne suis pas né en Corrèze et pourtant mes racines sont ici", a dit François Hollande, natif de Rouen.

"J'y ai été implanté d'abord, greffé ensuite, j'ai puisé à toutes les sources pour me construire une légitimité démocratique. Je sais ce que je vous dois", a-t-il ajouté devant des personnalités du département où il a été élu pour la première fois en 1983.

"La Corrèze m'a donné le droit d'agir au nom des autres (...) Elle me permet de prétendre à d'autres fonctions", a-t-il dit, entouré notamment de la préfète Sophie Thibault et des sénateurs René Teulade et Bernadette Bourzai.

François Hollande a souligné "la culture du travail bien fait", la "capacité exceptionnelle de résistance" et "l'attachement indéfectible aux valeurs de la République" de son département.

"Je serai quoi qu'il arrive en cette année 2012 indéfectiblement à vos côtés, aux côtés des Corréziennes et des Corréziens", a-t-il promis dans le gymnase où le président Jacques Chirac (1995-2007), autre élu de Corrèze, avait l'habitude de réunir les forces vives locales chaque début d'année.

François Hollande a eu une "pensée affectueuse" pour l'ancien chef de l'Etat dont l'épouse Bernadette, élue de Corrèze, était absente de la cérémonie.

DES PIQUES POUR SARKOZY

Après un tour au marché de Tulle samedi matin, François Hollande a participé à un déjeuner avec quelque 800 retraités, où il n'a été avare ni d'embrassades ni de poignées de mains.

"Le mot d'ordre que vous m'avez donné c'est : 'cramponnez-vous'", a dit le candidat, qui devait tenir en fin de journée un meeting à Tulle, là-même où il ira voter le 6 mai prochain, jour du second tour de la présidentielle.

Au terme d'une semaine où il a répondu coup pour coup aux attaques de la droite, François Hollande a de nouveau pris pour cible son probable futur adversaire, Nicolas Sarkozy, en se basant sur des exemples locaux.

"Je suis toujours désolé lorsque les fonctionnaires sont attaqués", a-t-il dit en référence aux choix de l'actuel gouvernement de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

La Corrèze, qui compte environ 250.000 habitants, est l'un des départements les plus âgés de France.

"Nous devons faire de cette situation un atout", a dit François Hollande, regrettant que la mission visant à régler la question de la dépendance "n'ait pas été accomplie pendant cette législature".

La veille à Limoges, le candidat avait répondu avec scepticisme à la proposition française de décider, même seule, d'appliquer une taxe sur les transactions financières.

"Mieux vaut tard que jamais. C'est un revirement tardif", a dit François Hollande, tout en émettant des doutes sur l'application d'une telle initiative.

Le candidat est attendu dimanche à Jarnac, dans la Charente voisine, pour célébrer le 16e anniversaire de la mort de François Mitterrand, entré à l'Elysée en 1981. Une façon de marquer l'héritage du dernier président socialiste, à qui François Hollande avait rendu hommage dans sa ville de Château-Chinon (Nièvre) le 10 mai dernier, à l'occasion du trentième anniversaire de l'élection du président défunt.

édité par Patrick Vignal

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