[scald=83337:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

POINTE-À-PITRE, Guadeloupe (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a promis dimanche des mesures "fortes contre la domination de la finance", refusant de mettre la France "entre les mains des agences de notation".

En visite en Guadeloupe, il a répondu à distance à Nicolas Sarkozy, qui a annoncé dans la matinée qu'il s'adresserait aux Français "avant la fin du mois" pour leur tenir un discours "de courage et de vérité".

"Je ne vais pas disputer au président de la République la responsabilité de parler aux Français, c'est bien le moins après l'épreuve que notre pays traverse à cause d'une politique qui a échoué", a dit François Hollande à la presse.

Deux jours après la dégradation de la note "triple A" de la France par l'agence Standard & Poor's, François Hollande a promis des mesures "fortes sur la domination de la finance" dans le projet qu'il présentera fin janvier.

"Moi, je ne me suis jamais fixé un objectif par rapport à une agence, je n'ai jamais dit qu'il fallait conserver le triple A à tout prix pour ensuite être obligé de constater sa perte", a-t-il dit à l'adresse du chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy a instauré deux plans d'économies ces derniers mois en insistant sur l'importance de conserver la note AAA qui permet au pays d'emprunter à des taux avantageux.

"JE SUIS OFFENSIF"

"Je ne me mets pas dans les mains des agences de notation, ce que je veux c'est qu'il y ait des résultats", a expliqué François Hollande, qui sollicite la "confiance".

"C'est la confiance des Français qui permettra de redresser notre pays, qui permettra de dire aux marchés qu'ils ne peuvent pas imposer leurs règles", a-t-il dit.

Le député de Corrèze, qui s'exprimera le 22 janvier au Bourget (Seine-Saint-Denis) puis le 26 lors d'une émission télévisée, promet des mesures "fortes".

"Ce seront des propositions qui seront fortes sur la domination de la finance, fortes sur une politique de croissance, fortes sur des instruments nouveaux comme la Banque publique d'investissement, fortes sur la fiscalité pour que nous la mettions au service de la production et au service de la justice", a-t-il expliqué .

Alors que la France connaît des déficits publics importants et une dette abyssale, François Hollande a demandé aux Français de lui donner "la force" pour agir en l'élisant en mai.

"Je n'ignore rien de la crise, elle est là, mais elle n'a pas été maîtrisée", a-t-il dit. "Le courage, c'est de faire appel à la solidarité, c'est de demander à ceux qui ont le plus de participer à l'effort collectif".

"Je ne suis pas venu dans cette campagne pour dire qu'avec moi tout deviendra possible", a-t-il ajouté en référence au slogan de Nicolas Sarkozy lors de sa campagne électorale de 2007, "Ensemble, tout devient possible".

"Je laisse ça à celui qui a été élu en 2007, qui a été candidat sur ce programme et qui vient maintenant, au terme de son mandat, dire qu'il faut dire la vérité et qu'il faut être courageux", a ironisé le candidat PS, dont le slogan est "Le changement, c'est maintenant".

En réponse aux critiques de l'extrême gauche, en particulier du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, lui reprochant de ne pas être assez dur avec la finance, François Hollande a dit qu'il devait, pour l'emporter, être dans "la rassemblement et la mobilisation majoritaire".

"Je ne suis pas dans la résistance, je suis dans la conquête, je ne suis pas barricadé, je suis offensif", a-t-il expliqué lors d'une rencontre avec la presse en début de journée.

Elizabeth Pineau, édité par Gérard Bon

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