[scald=68529:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - La transition énergétique en France, qui passera par la diminution de la part du nucléaire, fera l'objet d'un débat et d'une loi de programmation si le Parti socialiste gagne l'élection présidentielle, a annoncé François Hollande.

Dans une tribune intitulée "Réussir la transition énergétique" publiée dans Le Monde daté du 29 novembre, le candidat socialiste propose une solution médiane entre "un statu quo forcément dépassé et une sortie irréaliste du nucléaire".

"Ce débat mérite mieux que la caricature, l'outrance, l'aveuglement, voire le mensonge", écrit-il au terme de deux semaines de polémiques entre la droite et la gauche sur un thème qui s'annonce important en vue des échéances de 2012.

"J'ouvrirai, au lendemain l'élection présidentielle, si les Français m'accordent leur confiance, un grand débat sur l'énergie en France associant largement les acteurs et les citoyens, dont le Parlement fixera la conclusion par le vote d'une loi de programmation de la transition énergétique", annonce François Hollande.

Attendu mardi au salon Pollutec Horizons à Paris, le député de Corrèze devrait aborder ce même thème de l'énergie le lendemain à Bruxelles avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à propos notamment du programme européen Uclos de réduction des émissions de CO2 liées à la production d'acier.

Dans Le Monde, le candidat socialiste précise ses intentions sur l'avenir du nucléaire, objet de crispations avec les écologistes, puis avec la droite depuis l'accord électoral passé mi-novembre entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

François Hollande veut "réduire à l'horizon 2025 la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% et faire monter celle des énergies renouvelables, tout en maîtrisant notre consommation".

SOBRIÉTÉ ÉNERGÉTIQUE

Alors que la France compte actuellement 58 réacteurs nucléaires en activité, il promet pour le prochain quinquennat l'arrêt de la plus ancienne centrale de France, à Fessenheim (Bas-Rhin), et la poursuite "à son terme" du chantier du réacteur de nouvelle génération de EPR de Flamanville (Manche).

"Aucune autre centrale ne sera lancée durant ce mandat", précise-t-il.

En réponse aux inquiétudes exprimées par Areva sur l'avenir du combustible Mox, le candidat précise que "le système de retraitement des déchets et la filière qui l'accompagne seront préservés".

Soucieux de "promouvoir une société de sobriété énergétique", François Hollande veut agir "sur le bâti, qui absorbe près de 40% de l'énergie consommée".

"La rénovation thermique aura, en outre, l'avantage de préserver le pouvoir d'achat des Français et d'offrir un gisement d'emplois considérable : plus de 150.000 d'ici à 2020", écrit-il.

Etalée sur "trois quinquennats", la mutation énergétique "prendra du temps et supposera des étapes d'évaluation en fonction des progrès de la science et des prix relatifs de chaque source d'énergie", écrit le candidat.

Une hausse des prix de l'énergie lui paraît inévitable.

"Quel que soit le scénario autour de la part du nucléaire, il aura tendance à s'élever en raison du renchérissement des énergies fossiles et de l'ampleur des investissements à engager sur les centrales comme sur les énergies renouvelables", estime-t-il.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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