[scald=109301:sdl_editor_representation]NICE (Reuters) - François Hollande a assuré mercredi qu'il ne s'inquiétait pas du succès de la campagne du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui monte dans les derniers sondages d'opinion.

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle continue toutefois à appeler au "vote utile" en sa faveur dès le premier tour, le 22 avril.

"Il y a pas de menace autre que celle du candidat sortant", a dit François Hollande après un meeting à Nice. "Je respecte les électeurs mais ce que je veux dire, c'est que je suis le candidat qui peut permettre le changement au moment du choix décisif".

"Il y a des candidats qui portent des espérances, des attentes, des expressions mais lorsqu'il conviendra de choisir il y aura soit le candidat Nicolas Sarkozy, soit le changement que je représente", a-t-il insisté. "Je veux que cette force soit la plus grande possible dès le premier tour".

François Hollande "reste solide" et n'a pas besoin de "gauchir" son discours, souligne André Vallini, chargé du pôle justice dans l'équipe de campagne du candidat.

"Il n'est pas question de céder à telle ou telle poussée de Mélenchon. Où serait la crédibilité de Hollande s'il cédait au premier sondage un peu favorable à Mélenchon ? Où serait sa cohérence s'il essayait de 'gauchir' sa campagne, de 'gauchir' son discours ?", a considéré le sénateur.

"Il dit la même chose depuis les primaires. C'est cela qui lui a permis de gagner les primaires, c'est ce qui lui permettra de gagner la présidentielle", a assuré André Vallini.

MONTEBOURG NOTE DES DIFFÉRENCES

Michel Vauzelle, président PS de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a dit à Reuters bien connaître Jean-Luc Mélenchon pour avoir appartenu au même gouvernement de Lionel Jospin.

A ses yeux, un bon score du candidat de Front de gauche ne saurait être considéré comme problématique.

"Jean-Luc Mélenchon est un homme qui a le sens de l'Etat, qui défend les valeurs de gauche d'une manière extrême parce qu'il sait qu'il ne sera pas président de la République, donc il peut pousser un peu sur des terrains plus aisés", a-t-il dit.

"Mélenchon par son talent, sa générosité, sa volonté de bien manifester ce qu'est la gauche peut être en train de récupérer un électorat populaire qu'il arrache au Front national ou à d'autres candidats au centre ou ailleurs", a ajouté Michel Vauzelle.

Présent lui aussi à Nice, le député Arnaud Montebourg a noté les différences entre le programme de François Hollande et celui de Jean-Luc Mélenchon, notamment sur le smic à 1.700 euros prôné par ce dernier.

"Nous ne pensons pas que ce soit la bonne méthode que de considérer que la politique salariale repose exclusivement sur le smic. Nous avons d'autres projets pour le pouvoir d'achat", a-t-il dit à la presse.

Il a en outre dit préférer la "réforme constitutionnelle profonde" du PS à la "constituante" voulue par Jean-Luc Mélenchon.

"Toute colère est saine et il faut l'exprimer, mais il faut aussi construire la transformation profonde du système économique, financier et politique", a ajouté Arnaud Montebourg.

Elizabeth Pineau, édité par Patrick Vignal

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