[scald=109703:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

MONT-DE-MARSAN, Landes (Reuters) - Candidat de la "gauche de changement et de gouvernement", François Hollande a mis garde jeudi contre le triple risque de l'abstention, de la dispersion et de la confusion à trois semaines du premier tour de l'élection présidentielle.

En meeting dans les Landes, terre socialiste prisée par l'ancien président François Mitterrand, le prétendant à l'Elysée a souligné en creux ses différences avec le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, expliquant qu'il était "le seul" à gauche à pouvoir prétendre diriger le pays.

Au moment de mettre son bulletin dans l'urne le 22 avril, "ce qui va compter ce n'est pas la pluralité - elle est nécessaire à gauche - mais de savoir qui peut gagner l'élection présidentielle", a dit le député de Corrèze devant 7.000 personnes - selon le PS - rassemblées à Mont-de-Marsan.

"Je suis le candidat de la gauche de changement et de gouvernement", a-t-il expliqué. "Nous avons une tâche bien supérieure à celles des autres : nous devons diriger, gouverner et transformer notre pays".

"Je respecte celles qui sont à gauche, je reconnais celles qui sont au centre, je combats celles qui sont à la droite ou à l'extrême droite", a dit François Hollande à propos des neuf autres candidatures à l'Elysée.

Mais à l'heure de "tourner la page", il a considéré être, "avec la gauche rassemblée, le seul qui peut écrire la prochaine".

Il a illustré ses propos en énumérant ses propositions à même d'améliorer selon lui la vie de ses concitoyens, de l'annulation de la TVA sociale à l'augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire en passant la renégociation du traité européen de stabilité budgétaire.

Avant lui sur scène, Henri Emmanuelli, député des Landes et ex-premier secrétaire du PS, avait appelé à l'union à gauche.

RASSEMBLEMENT DE LA GAUCHE

"Le rassemblement de la gauche, ça implique qu'à gauche on ne compte que des partenaires et aucun adversaire", a-t-il dit à l'adresse de Jean-Luc Mélenchon, citant François Mitterrand : "Je crois à la victoire de la gauche à condition qu'elle reste elle-même et qu'elle n'oublie pas que sa famille, c'est toute la gauche. Hors du rassemblement populaire, il n'y a pas de salut".

Dès son arrivée à la tribune, François Hollande s'est lui aussi placé dans les pas du premier président socialiste, et pour l'instant le seul, de la Ve République.

Il a dit son plaisir de venir dans les Landes, "département socialiste, département de gauche dans lequel François Mitterrand venait régulièrement puiser des ressources qui lui permettaient de repartir au combat. Je vais m'en inspirer".

"En 2012 il y aura un président socialiste qui succédera à François Mitterrand", a-t-il ajouté sous les applaudissements d'une salle réactive où flottaient des drapeaux rouge et blanc "François Hollande 2012".

Constant dans ses attaques contre la droite, François Hollande a brocardé par avance sur le ton de l'humour le projet que Nicolas Sarkozy prévoit de présenter la semaine prochaine.

"Une impatience nous saisit : mais que va-t-il aller chercher ?", a-t-il ironisé. "J'ai eu la confidence : son projet, c'est son bilan ! Pourquoi ferait-il différemment ?"

Même ton pour commenter l'entretien accordé par le chef de l'Etat cette semaine à Paris-Match, où le Nicolas Sarkozy promet un second quinquennat "différent".

"Je l'ai entendu et vous aussi nous faire cet aveu : il a changé", a encore plaisanté François Hollande. "Il a compris ce qu'était être président de la République, il a mis du temps !"

"Il était dans l'apprentissage. Moi j'appelle ça la période d'essai. On a vu : et bien je vous propose de ne pas renouveler le contrat", a ajouté le candidat.

Edité par Marine Pennetier

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