François Hollande
François Hollande © Radio France

PARIS (Reuters) - Le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle François Hollande a estimé jeudi que les propositions du président Nicolas Sarkozy sur l'augmentation des bas salaires relevaient d'une "mystification".

Le président français, candidat à un second mandat et invité du journal de 20h sur France 2 mercredi soir, a proposé d'augmenter les bas salaires en recyclant la prime pour l'emploi (PPE) via des allègements de charges et en relevant la fiscalité sur les revenus financiers.

Un redéploiement des 2,5 milliards d'euros de la PPE, assorti d'un alignement de la fiscalité des dividendes sur celle des revenus du travail, permettrait de financer quatre milliards d'euros d'allègements de charges salariales, a-t-il estimé.

Hollande réagit à la proposition de Sarkozy sur la réforme de la prime pour l'emploi : "Trois euros vont avoir les salariés concernés"

"Nous sommes dans une campagne électorale, les promesses peuvent se faire. Mais elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe ou des mystifications et hier c'était une mystification", a réagi François Hollande sur France Inter. "C'était de dire à des salariés qui gagnent entre 1.000 et 1.400 euros par mois qu'ils vont avoir mille euros à la fin de l'année grâce à des baisses de charges ? Mais dans le même temps, on va leur reprendre mille euros de primes qui leur étaient accordées (...)", a-t-il ajouté. Le candidat socialiste a calculé que les promesses de Nicolas Sarkozy feraient gagner trois euros de plus par mois en moyenne aux salariés concernés. "Ceux qui perdent, ce sont les familles car la PPE est calculée en fonction (de la taille) de la famille alors que les baisses de cotisations seront individuelles, c'est une forme de mensonge", a critiqué François Hollande. "Les Français ont entendu les promesses de Nicolas Sarkozy en 2007, ils savent ce qu'il faut en garder", a-t-il ironisé. Nicolas Sarkozy a également proposé mercredi que les rémunérations des plus hauts dirigeants soient désormais votées non par le conseil d'administration mais par l'assemblée générale des actionnaires. Ces rémunérations devront être rendues publiques et les salariés de l'entreprise auront systématiquement un représentant au sein du comité qui les fixe. "On croit rêver. Pendant cinq ans, les retraites-chapeau ont augmenté, des parachutes dorés ont été accordés à des dirigeants qui ont bénéficié d'avantages considérables et en fin de mandat, Nicolas Sarkozy viendrait nous dire 'ah quand même ce n'est pas juste'", a dit François Hollande. Et le candidat socialiste de conclure avec une allusion aux propos de Nicolas Sarkozy, qui a exprimé des regrets sur la fête organisée au restaurant parisien le Fouquet's le soir de son élection en mai 2007: "Nicolas Sarkozy vient nous dire qu'il ne retournera plus au Fouquet's la fois prochaine. Il n'aura pas besoin d'y revenir puisque j'espère qu'il ne sera plus président."
Matthias Blamont, édité par Patrick Vignal
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