[scald=220427:sdl_editor_representation]par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - François Hollande veut profiter de la journée de la Femme du 8 mars pour rassembler la gauche dont une frange importante exprime ouvertement son mécontentement sur l'austérité budgétaire ou la réforme du marché du travail.

"C'est d'abord une occasion de fédérer la gauche", dit-on dans l'entourage du président dont la cote de popularité, de même que celle de son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sont tombées sous la barre des 30% de satisfaits dans certains sondages.

"La question du droit des femmes est un élément de notre patrimoine commun, de l'identité de la gauche", juge-t-on à l'Elysée où l'on insiste sur le caractère "historique" et constitutif du féminisme dans les valeurs de gauche.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault compte ainsi vanter les avancées réalisées depuis son accession au pouvoir comme la loi sur le harcèlement sexuel ou le remboursement de la contraception des mineures et dresser une feuille de route pour le reste du quinquennat.

François Hollande a donné jeudi l'exemple en se rendant à la manifestation "le 8 mars c'est toute l'année" à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, où il a promis une loi-cadre pour les droits des femmes au printemps.

Evoquant "le drame occulté de la violence" faite aux femmes, François Hollande a promis de nouveaux instruments pour mieux les protéger et aider celles dont les compagnons ne paient pas les pensions alimentaires.

Au-delà de dispositions techniques comme sur le congé parental dont il souhaite qu'il s'adapte mieux à la société, François Hollande a surtout évoqué des aspects plus symboliques, promettant notamment d'accueillir au Panthéon des femmes illustres.

Il a aussi profité de sa tribune et évoqué le combat pour l'émancipation des femmes pour répondre à Nicolas Sarkozy qui a critiqué sa décision d'intervenir au Mali.

"Si certains s'interrogent pour savoir pourquoi la France est au Mali, c'est parce que il y avait des femmes qui étaient victimes de l'oppression, de la barbarie", a-t-il lancé sous les applaudissements.

Soulignant que le combat pour le droit des femmes se déroulait partout dans le monde, François Hollande a salué le combat de Malala Yousufzai, une jeune Pakistanaise qui avait été blessée par balles par des taliban pour avoir plaidé en faveur du droit des femmes à l'éducation.

ADMIRATION POUR MALALA

Le président a rencontré avant son discours le père de la jeune fille et lui a remis une lettre où il lui a fait part de "l'admiration" de la France pour son engagement pour l'éducation des jeunes filles.

Vendredi, le chef de l'Etat célébrera la journée de la Femme en accueillant à l'Elysée dans la matinée des créatrices d'entreprises.

Il se rendra plus tard dans la matinée dans les locaux d'une association parisienne qui oeuvre à la réinsertion professionnelle des femmes de plus de 45 ans.

De son côté, Jean-Marc Ayrault signera vendredi l'accord trouvé avec les partenaires sociaux sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique.

Même s'il s'est voulu exemplaire avec le même nombre de femmes et d'hommes dans la composition de son gouvernement, François Hollande est toujours la cible de certaines critiques qui jugent que l'égalité peine à s'imposer aux étages inférieurs de l'administration.

Pour l'heure, on reconnaît dans l'entourage du chef de l'Etat qu'il reste encore du chemin à parcourir.

Selon les chiffres de l'Elysée, les femmes ne représentent qu'environ 35% des effectifs des cabinets ministériels et 25% des nominations en conseil des ministres.

De manière plus générale, les femmes en France sont toujours moins bien payées que les hommes.

Selon les chiffres de l'office statistique européen Eurostat, les femmes percevaient en 2012 un salaire horaire brut de 15,6% inférieur à celui des hommes. D'autres études montrent que leur salaire peut-être inférieur de plus de 20% à celui des hommes à travail égal.

Julien Ponthus, édité par Pierre Sérisier

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