[scald=91727:sdl_editor_representation]ORLEANS, Loiret (Reuters) - Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a proposé jeudi "un nouveau contrat entre l'école et la Nation" à même de résorber la "dette éducative" creusée selon lui par l'actuel gouvernement.

Dans un discours à Orléans, le député de Corrèze a proposé de donner priorité à l'école maternelle et primaire, une revision de la semaine de quatre jours et l'amélioration de la formation des enseignants.

Il a aussi confirmé sa promesse faite dès la primaire de créer sur cinq ans 60.000 postes dans l'Education nationale -pas seulement des enseignants- sans augmenter les effectifs globaux de la fonction publique.

"La première promesse de la République, c'est l'école", a-t-il déclaré. "Ce que je propose, c'est un nouveau contrat entre l'école et la Nation, un pacte éducatif".

L'école maternelle et primaire est érigée au rang de "priorité" par le candidat, qui veut par exemple remonter le taux de scolarisation des enfants de moins de trois ans, surtout dans les zones de grande difficulté.

Il propose de remplacer l'évaluation en CE1 et CM2 par un suivi favorisant "la coopération plutôt que la compétition".

A l'heure où quelque 150.000 élèves sortent chaque année du système sans diplôme, François Hollande a dit son souhait de lutter contre l'échec scolaire via notamment une réforme de l'orientation "pour faire qu'aucun destin ne soit préétabli".

Autres idées : améliorer la jonction entre l'école primaire et le collège, celle entre le lycée et l'université, et réserver des formations supérieures aux élèves titulaires d'un baccalauréat technologique ou professionnel.

FORMATION DES ENSEIGNANTS

La formation des enseignants sera revue, avec le rétablissement d'une année de stages, un encouragement à la formation continue et la mise en place d'un système de recrutement dès la licence pour favoriser les vocations.

"Les actuels IUFM se transformeront en écoles supérieures du professorat et de l'éducation", a-t-il annoncé.

La réforme des rythmes scolaires et la fin de la semaine de quatre jours sont aussi envisagées.

Selon Bruno Julliard, responsable de l'Enseignement scolaire dans l'équipe de campagne du candidat, les récentes rencontres entre François Hollande et les syndicats d'enseignants sont encourageantes.

"Globalement, il y a un bon accueil car il y a une attente de changement. On se connaît. En même temps, des sujets comme les rythmes scolaires et la formation des enseignants demanderont beaucoup de concertation", a-t-il dit à Reuters.

Bernadette Groison, du syndicat d'enseignants FSU, a noté dans le discours de François Hollande "des éléments de rupture."

"Au-delà des valeurs, il faut redonner confiance aux enseignants. Il faut en finir avec la corrélation inégalités sociales-inégalités scolaires qui caractérise le système français", a-t-elle dit.

A Orléans, le candidat a multiplié les piques à l'encontre de Nicolas Sarkozy, évoquant notamment la "dette éducative" de l'actuel gouvernement.

"Nous héritons d'une dette éducative au même titre que d'une dette financière, et de la même ampleur", a-t-il dit.

Sur un ton plus humoristique, il s'est moqué du désamour affiché par Nicolas Sarkozy pour le roman "La princesse de Clèves" de Madame de La Fayette.

"Personne ne doit être jugé indigne de lire 'La princesse de Clèves'", a dit l'élu socialiste, qui a aussi dénoncé des propos du président prononcés à Latran comparant la mission du curé à celle de l'instituteur.

"Moi je ne les considère pas (les enseignants) comme inférieurs aux hommes de religion", a-t-il dit sous les applaudissements.

Pour le candidat, qui a rendu hommage au travail des professeurs, "tout commence par le respect et la considération".

François Hollande a promis, s'il entre à l'Elysée le 6 mai, des décisions éducatives "dès la rentrée 2012". Le sujet fera l'objet de négociations durant l'été en vue d'une loi de programmation et d'orientation à l'automne.

Elizabeth Pineau, édité par Thierry Lévêque

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