Le "champs de bataille" du barrage de Sivens
Le "champs de bataille" du barrage de Sivens © Radio France

Une marche silencieuse a eu lieu dimanche près du site du projet de barrage de Sivens, dans le Tarn, en hommage à Rémi Fraisse, le militant écologiste tué il y a une semaine par une grenade lancée par les gendarm, A Paris, tandis qu'un sit-in se tenait pacifiquement au Champ de Mars, une manifestation non autorisée se déroulait place Stalingrad, dans le 19ème arrondissement. Plus de 80 personnes ont été interpellées.

Au lendemain de manifestations marquées par des affrontements à Nantes, Toulouse et Dijon, notamment, les organisateurs avaient appelé tant dans le Tarn que dans la capitale à des rassemblements pacifiques.

A Sivens, plusieurs milliers de personnes ont marché en début d'après-midi du campement des opposants jusqu'à l'endroit où Rémi Fraisse a trouvé la mort, devant le site de construction du barrage où ils ont déposé des fleurs, notamment des rénoncules, planté des frènes, glands de chènes et laissé des messages

Frédéric Bourgade est à Sivens

A Paris, un rassemblement autorisé et un qui dégénère

Deux manifestations parisiennes ont eu lieu : l'une pacifique a réuni 700 personnes sur le Champ de Mars, tandis que 300 personnes se sont rassemblées illégalement place Stalingrad.

Le sit-in devant le mur de la Paix sur le Champs de Mars se tenait à l'appel de France nature environnement, le réseau auquel avait adhéré Rémi Fraisse. L'appel a été relayé par les grandes associations écologistes et certains syndicats. Plusieurs personnes portaient des pancartes avec le slogan: "nous sommes tous Rémi".

"Nous sommes ici pour rendre hommage à Rémi, militant écologiste mort pour ses idées", a dit le vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin (EELV). "Il a fallu un mort pour qu'on s'aperçoive que ce barrage n'a aucun sens", a-t-il déploré, ajoutant: "Nous sommes ici pacifiquement".

Un peu plus loin, on apercevait Jean-Luc Mélenchon, dont le Parti de gauche (PG) a réclamé mardi la démission du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Les participants qui arboraient presque tous un autocollant en forme de renoncule, étaient conviés à signer un livre d'or en hommage à Rémi Fraisse.

Un important dispositif policier avait été déployéPlace Stalingrad où 300 personnes se sont réunies pour une manifestation non autorisée pour dénoncer les violences policières. Le rendez-vosu avait été donné via les réseaux sociaux. 78 personnes ont été interpellés par les forces de l'ordre. Seize ont été placés en garde à vue, trois pour port d'arme prohibé et treize pour participation à un attroupement en vue de commettre des violences.Certains des interpellés avaient "des marteaux, des pinces, des casques, des poings américains, des pétards et des engins incendiaires" dans leurs sacs, comme l'explique Pierrick Bonno, notre reporter sur place

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