Dix ans après son score historique de 2009, le parti Europe Écologie Les Verts se lance dans la campagne des élections européennes en formation dispersée. Des quatorze eurodéputés élus en 2009, il ne sont que quatre à se représenter sous la même étiquette.

Au QG d'EELV pour l'annonce des résultats des élections européennes, le 7 juin 2009.
Au QG d'EELV pour l'annonce des résultats des élections européennes, le 7 juin 2009. © Maxppp / Philippe Lavieille

C'était en 2009, il y a dix ans. Le tout jeune parti Europe Écologie Les Verts récolte plus de 16% des voix aux élections européennes et envoie quatorze députés au Parlement européen, soit autant que le Parti Socialiste. Dix ans plus tard, que sont-ils devenus ?

Ceux qui y retournent avec EELV (4)

De la "dream team" de 2009, il ne sont plus que quatre à se représenter sous la bannière EELV. C'est Yannick Jadot, élu pour la première fois il y a dix ans, qui mène la liste pour les élections européennes. Une liste sur laquelle on retrouve trois autres eurodéputés de la promotion 2009 : Michèle Rivasi (numéro 2), Karima Delli et François Alfonsi, issu du mouvement régionaliste Régions et peuples solidaires (RPS) rallié à EELV pour le scrutin européen.

Dix ans après, ils sont restés fidèles au parti, et ils en sont fiers : "Yannick, Karima et moi, nous sommes restés des députés militants, nous défendons une écologie de combat", explique Michèle Rivasi. Elle ajoute, avec une pointe de rancœur : "Pour Pascal Canfin, j'avoue que j'ai du mal à comprendre... Comment va-t-il passer d'un système où l'on prône l'intérêt général à un système libéral ? On travaillait bien avec lui, je me demande ce qu'on lui a promis."

Ceux qui roulent pour LREM (3)

Élu il y a dix ans avec EELV, Pascal Canfin est aujourd'hui numéro 2 de la liste de la République en marche (LREM). "Je rends hommage aux Verts et à EELV d'avoir eu raison avant les autres, mais je ne leur fais pas un mauvais coup, s'est défendu Pascal Canfin sur France Inter le 27 mars. Qui peut croire que cinq ou six députés européens réussiront à changer tout seuls la donne ? Si on y croit vraiment à cette cause, il faut additionner les énergies."

En plus de Pascal Canfin, deux des initiateurs du parti EELV, élu eux-aussi en 2009, soutiennent aujourd'hui le parti de la majorité : Daniel Cohn-Bendit et Jean-Paul Besset. "Il faut savoir où les choses se passent", explique le second, retiré des affaires mais sur la même ligne que Pascal Canfin. 

En dix ans, selon Jean-Paul Besset, les choses ont changé : "La question écologique a quitté sa niche pour devenir une question centrale. On n'est plus dans la logique du petit parti aiguillon et lanceur d'alerte."

Ceux qui ne sont pas candidats, mais encore dans le coup (4)

Deux des députés EELV élus en 2009 (et réélus en 2014) ne se représentent pas pour un troisième mandat : Eva Joly et José Bové. "Le rythme de vie d'eurodéputé est soutenu, c'est leur choix personnel de ne pas vouloir rempiler, explique Michèle Rivasi. Mais on les recroisera : Eva Joly, par exemple, va continuer ses combats en tant qu'avocate."

Sur la photo de famille en 2009 mais absente du scrutin européen de 2014, Hélène Flautre est dans l'opposition au conseil municipal d'Arras. Sandrine Belier, elle, poursuit son combat pour l'écologie à la tête de l'association Humanité et Biodiversité. "Je regrette qu'il n'y ait pas eu de grand rassemblement écologiste comme il y a dix ans", explique-t-elle, sans pour autant choisir de camp. À propos de Pascal Canfin : "Être dans la liste qui pourrait arriver en tête, c'est un pari que je peux comprendre."

Ceux qui font autre chose (3)

Trois des quatorze eurodéputés EELV élus en 2009 ont pris leur distance avec le parti : Malika Benarab-Attou (qui a quitté le parti en 2014 pour rejoindre Nouvelle Donne), Catherine Grèze et Nicole Kiil-Nielsen."Je suis à la retraite mais je suis toujours en contact avec certains", explique celle-ci.

Malgré leur ralliement à LREM, Nicole Kiil-Nielsen ne considère pas Daniel Cohn-Bendit et Pascal Canfin comme des "traîtres" : "Je les aime bien donc je n'en pense pas de mal. J'espère quand même que Pascal Canfin a pour objectif de faire bouger les lignes à l'intérieur de la République en marche."

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