Avant la présentation de son programme, prévue le 2 mars prochain, Emmanuel Macron a dévoilé les grandes lignes du cadrage budgétaire de son projet.

Emmanuel Macron, jeudi à Paris
Emmanuel Macron, jeudi à Paris © AFP / Patrick Kovarik

A deux mois du premier tour de la présidentielle, le programme présidentiel d'Emmanuel Macron commence à montrer le bout de son nez. Dans une interview au quotidien économique Les Echos ce vendredi, le candidat du mouvement En Marche ! a dévoilé le cadrage économique de son projet, qui porte selon lui deux grands objectifs : "Une trajectoire budgétaire vertueuse" d'une part, et "l'invention d'un nouveau modèle de croissance" d'autre part.

Economies et dépenses publiques

En clair, de quoi est-il question ? Emmanuel Macron, qui ne renie pas l'objectif de l'Union européenne des 3% de déficit, promet de réduire les dépenses publiques de trois points de PIB, soit un total de 60 milliards d'euros en cinq ans, dont 25 milliards d'efforts pour l'Etat, passant par un statut des fonctionnaires qui "ne sera pas remis en cause, mais sera modernisé".

Pour les fonctionnaires d'Etat, cela signifie le non-renouvellement de 50.000 postes et, le rétablissement d'un jour de carence pour les arrêts maladie. Du côté des collectivités locales, qui seront soumises à un effort de 10 milliards, quelque 70.000 postes de fonctionnaires territoriaux seront supprimés, et les collectivités auront une plus grande marge de manœuvre pour les salaires des agents et les recrutements de droit privé. Elles pourront aussi revenir sur la réforme des rythmes scolaires.

Côté économies, il faudra aussi ajouter 15 milliards pour l'Assurance maladie via une "réorganisation du système de soins" et 10 milliards d'euros pour l'assurance chômage.

Investissement

Inversement, Emmanuel Macron propose un investissement de 50 milliards d'euros sur les cinq ans, dont 15 milliards sur la formation et 15 milliards pour la transition écologique. L'agriculture, la santé, les transports sont ses autres axes d'investissement, ainsi que la modernisation des administrations, qui passera notamment par le numérique.

Fiscalité

Emmanuel Macron a également pris la parole sur RMC et BFMTV ce vendredi matin, promettant d'exonérer "80% des ménages modestes et de classe moyenne" de la taxe d'habitation, qu'il qualifie d'impôt "injuste". "On peut le faire sur le quinquennat de manière raisonnable", a-t-il ajouté, affirmant que cette mesure coûterait 10 milliards d'euros sur le quinquennat.

Au total, le candidat qui a été rejoint mercredi par François Bayrou propose "une baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards d'euros, pour soutenir le pouvoir d'achat et l'investissement". Du côté des sociétés, il se prononce en faveur d'une "baisse du taux d'impôt sur les sociétés, de 33,3% à 25%, calqué sur la moyenne européenne".

Chômage

Le candidat promet que la lutte contre le chômage sera "le cœur de son projet", passant par une réforme de l'Unedic pour mettre en place "une assurance chômage universelle", c'est-à-dire ouverte aux indépendants, aux professions libérales, aux entrepreneurs mais aussi aux salariés qui démissionnent. En revanche, "ni la durée ni les montants" de l'indemnisation ne seront modifiés, assure-t-il. Il milite en outre pour "un vrai système de droits et de devoirs", c'est-à-dire que les prestations seront "strictement conditionnées à vos efforts de recherche".

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