A huit mois de l'élection présidentielle, les candidats s'officialisent, les programmes se dévoilent, et trois primaires s'organisent. France Inter décrypte la rentrée politique.

Critiquée par la majorité et l'opposition, François Hollande entamme une année longue et difficile.
Critiquée par la majorité et l'opposition, François Hollande entamme une année longue et difficile. © Reuters / pool new

Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017, le deuxième se déroulera le 7 mai. Au moment où la rentrée politique s'accélère, se brosse le portrait d'une avant-campagne électorale inédite. Les deux grands partis de gouvernement se plient en effet au processus de la primaire, et parmi les candidats : un Président de la République sortant, son prédécesseur sur le retour, mais également deux anciens Premiers Ministres, et des anciens ministres frondeurs expulsés du gouvernement. Le ton des débats s'annonce musclé voire fratricide.

France Inter vous propose de faire connaissance avec les candidats aux différentes primaires, et leur programme.

La primaire de la droite et du centre (20 et 27 novembre 2016)

De ce côté de l'échiquier, la simple organisation de cette primaire est inédite, car la droite post-gaulliste restait jusque là marquée par la notion de chef incontestable. Pour la présidentielle de 2007, l'UMP avait bien lancé un processus de désignation interne de son candidat. Mais le scrutin était surtout formel : Nicolas Sarkozy était alors seul en lice. En 2011, quand le Parti Socialiste organise sa primaire, la première ouverte à tous les citoyens inscrits sur les listes électorales, la droite ne manque pas de la critiquer. Nicolas Sarkozy estime qu'elle rend la Vème République "otage des partis".

Inédit encore : un Président de la République vaincu après un mandat, qui choisit de retrouver le suffrage universel suprême. Il n'y avait que peu de suspens autour de la candidature de Nicolas Sarkozy, si ce n'est sur la forme. L'ancien chef de l'Etat, et désormais ancien patron du parti Les Républicains (comme l'exigent les statuts de la formation politique), a donc choisi la publication d'un nouveau livre, Tout pour la France (éd. Plon), qu'il pose comme "le point de départ du prochain mandat", mandat qui sera donc le sien affirme-t-il.

Après des déchirements internes, le parti tente avec l'organisation de cette primaire, de faire ressortir un candidat dont la légitimité sera incontestée. Mais pour l'instant, le parti Les Républicains a bien du mal à s'affranchir des tensions du passé. Les relations entre Nicolas Sarkozy et son ancien Premier Ministre François Fillon sont toujours très fraîches, ce dernier n'hésitant pas à critiquer régulièrement le bilan de son rival :  "En 2012, la victoire a échappé à la droite alors que les conditions du succès étaient pourtant largement réunies" analysait ainsi François Fillon dans son livre Faire (éd. Albin Michel) en 2015. Les échanges ne sont pas franchement chaleureux non plus entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. En 1995, l'un était balladurien, l'autre était chiraquien, et les deux hommes ont bien du mal à se comprendre.

Autour de ce trio qui a connu les plus hautes fonctions politiques, les dix autres candidats déclarés à la primaire de la droite et du centre vont tenter d'exister. Certains ne sont pas encore sûrs d'obtenir les parrainages nécessaires pour aller jusqu'au premier tour du scrutin. Nathalie Kosciusko-Morizet, Hervé Mariton et Jean-François Copé ont jusqu'au 9 septembre pour réunir les soutiens de 250 élus (dont 20 parlementaires) et 2.500 adhérents LR.

La popularité des 4 favoris à la primaire de la droite et du centre
La popularité des 4 favoris à la primaire de la droite et du centre © Visactu

La primaire de la Belle Alliance Populaire (22 et 29 janvier 2017)

En novembre 2008, le Parti Socialiste se déchire lors du congrès de Reims. Pour venir à bout de ses guerres intestines, le PS choisit d'organiser une primaire ouverte afin de rassembler la gauche et trouver un candidat légitime pour porter la candidature de gauche à la présidentielle de 2012. Le scrutin, aux dires même de la droite, est un succès; 2,8 millions de personnes y participent.

Cinq ans plus tard, François Hollande n'a plus le même sourire, et risque de se retrouver dans une position périlleuse. Le chef de l'Etat dira en décembre s'il renonce, ou s'il se lance dans cette primaire réclamée par une quarantaine de personnalités (écrivains, sociologues, cinéastes, élus) début 2016, et validée non sans surprise par le conseil national du Parti Socialiste en juin, bien que largement moins ambitieuse que la large primaire de toute la gauche demandée quelques mois auparavant. François Hollande a redit, lors de la traditionnelle interview du 14 juillet, que sa candidature serait conditionnée à l'inversion de la courbe du chômage. Réponse dans moins de quatre mois.

En attendant, les candidats se bousculent déjà à la gauche de la gauche, avec les frondeurs Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg (qui se réserve le droit de partir seul à la conquête de l'Elysée) ou encore Gérard Filoche. Le courant des frondeurs se retrouve à La Rochelle les 10 et 11 septembre pour tenter de s'entendre sur un candidat unique qui porterait ses idées.

La primaire écologiste (octobre 2016)

Le Parti Socialiste n'était pas le seul à organiser une primaire en 2011. Europe-Ecologie-Les-Verts s'est aussi prêté à l'exercice, mais avec un scrutin fermé, ouvert aux seuls sympathisants. Les débats avaient été âpres, et ponctués de propos blessants. A l'issue du second tour, Eva Joly l'avait finalement largement emporté face à Nicolas Hulot. Mais l'expérience reste douloureuse pour EELV, divisé pendant cette primaire, et parce que la magistrate franco-norvégienne n'avait réussi à convaincre, lors du premier tour la présidentielle, que 2,31% des électeurs, un très net repli par rapport aux précédents scrutins intermédiaires.

Après des débats fratricides durant le quinquennat de François Hollande sur la participation ou non au gouvernement, les écologistes abordent le scrutin de 2017 en ordre dispersé, François de Rugy, qui a claqué la porte d'EELV avec cinq autres députés en mai dernier, ayant par exemple décidé de concourir sous la bannière de la Belle Alliance Populaire.

Les lieux de la rentrée politique 2016

Les lieux de la rentrée politique 2016
Les lieux de la rentrée politique 2016 © Visactu