Au cours des 53 jours passés à Matignon, Jean Castex s'est montré plus politique que prévu, aux petits soins avec sa majorité et très enclin à se déplacer aux quatre coins de France. On a compté, jusqu'ici il a fait 22 déplacements !

Jean Castex, en visite à Besançon (Doubs), le 23 juillet 2020, pour le plan #1Jeune1Solution
Jean Castex, en visite à Besançon (Doubs), le 23 juillet 2020, pour le plan #1Jeune1Solution © Radio France / Lisa Guyenne

Premier acte politique de Jean Castex, le matin du 3 juillet 2020 : le Premier ministre tout juste nommé envoie une lettre de démission à son parti Les Républicains. Quelques heures plus tard, lors de son premier Journal télévisé, sur TF1, cet inconnu du grand public, qui dit ne pas être ici "pour chercher la lumière", se présente comme un "Gaulliste social". Les valeurs de ce haut-fonctionnaire de 55 ans : "La responsabilité. C'est-à-dire, dire qu'on ne peut pas tout attendre de l'État. La société n'est pas systématiquement responsable de ce qui va mal : chacune et chacun d'entre nous peut agir pour son pays". Le nouveau chef de l'exécutif évoque également comme valeurs "la laïcité (...) et l'autorité, gardienne des libertés fondamentales".

Un Gaulliste non encarté, mais qui doit prochainement adhérer à La République en Marche (LREM), formation avec laquelle il soigne ses relations. Jusqu'à organiser un petit-déjeuner d'une heure et demi le matin du 14-Juillet, en tête-à-tête avec le délégué général du parti.

Ultra-disponible, y compris pour échanger des SMS avec des cadres de la majorité, confie l'un d'eux à France Inter, alors que l'ancien Premier Ministre Édouard Philippe ne répondait jamais. 

"Un agent de liaison de la majorité présidentielle"

Ses proches insistent : Jean Castex sera pour les régionales, et pour la suite, "l'agent de liaison d'une majorité présidentielle ressoudée". La politique en coulisses et un été tout terrain pour se faire connaître : pas moins de 22 déplacements depuis sa nomination.  Il était à Lille (Nord) le 3 août, pour rappeler aux Français que "vacances" ne rime pas avec "insouciance" vis-à-vis du virus. 

Pendant tout l'été, le Premier ministre court : de Nantes (Loire-Atlantique) pour l'incendie de la cathédrale, à Nice (Alpes-Maritimes) pour parler sécurité du quotidien, aux côtés du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ; ou encore d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) pour rencontrer le Samu social, à Sancerre, à la rencontre des vignerons du Cher. 

Jean Castex, plus à l'aise sur les territoires que sur les réformes sociétales. En témoigne ce discours à l'Assemblée nationale, sur la Procréation médicalement assistée (PMA) : "Telle la PMA post-moderne" ; il fallait comprendre "post-mortem". Ou encore "réservation des ovules pour le partenaire", au lieu de "réception des ovules de la partenaire".

Un Premier ministre peu loquace avec les citoyens et la presse

Lors de ses visites, la caravane Castex passe mais s'arrête rarement pour répondre aux journalistes, croise peu de citoyens dans ses visites et ne s'attarde guère quand il en rencontre. Dans son discours de politique générale, il évoque les "600 jours devant nous, pour réinventer nos façons de faire (...) pour conforter l'autorité de l'État et bâtir les fondations de la France de demain".

Il reste désormais un peu moins de 540 jours, alors même que le Covid-19 perturbe déjà la rentrée de septembre. Sorti de l'ombre en devenant le Monsieur Déconfinement du gouvernement, Jean Castex est bien à Matignon pour déconfiner, pas pour reconfiner. 

En moins de deux mois aux affaires, "Jean Castex n'a pas effacé Édouard Philippe, mais il a clos le débat sur son caractère irremplaçable", confie un proche d'Emmanuel Macron.