[scald=69397:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Jean-Louis Borloo, qui a renoncé à concourir à l'élection présidentielle de 2012, prône "une forme d'union nationale" pour redresser la France et estime que l'heure n'est plus à l'"homme providentiel".

Le président du Parti radical a déçu les espoirs centristes en annonçant le 2 octobre qu'il ne briguerait pas la magistrature suprême, une décision "réfléchie" et "responsable", explique-t-il dans "Libre et engagé", un livre à paraître jeudi.

L'ouvrage devait constituer initialement le programme du candidat putatif, il détaille aujourd'hui ses convictions et propositions pour la campagne présidentielle, destinées tout autant à la gauche qu'à la droite.

L'ancien ministre de l'Ecologie, qui souligne ne "pas courir après un quelconque poste", précise qu'il dira "le moment venu" qui, à ses yeux, les incarne le mieux.

"Je ne suis en guerre contre personne. Nulle vengeance, aucune amertume", souligne Jean-Louis Borloo, clément avec ceux qui ont contribué à dessiner son parcours politique - Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, et enfin Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Ce dernier lui fut préféré lors du remaniement de novembre 2010, alors qu'on le disait pressenti pour Matignon. Jean-Louis Borloo choisit alors de reprendre sa liberté après que le chef de l'Etat lui eut proposé le ministère des Affaires étrangères.

"Je n'ai jamais eu aucune animosité envers François Fillon", assure le président du Parti radical, ajoutant que les remarques désobligeantes d'alors à son encontre ("C'est Gainsbourg à Matignon", par exemple) ne furent pas le fait du chef du gouvernement.

CONSENSUS

Au chapitre des critiques, Jean-Louis Borloo vise en creux le président du Nouveau Centre Hervé Morin - dont la rivalité l'irritait - et qui a décidé de se lancer dans la course présidentielle malgré 0,5% à 1% d'intentions de vote.

Dans un contexte économique favorable à la montée de l'extrême droite, "je ne voulais pas (...) ajouter de la confusion à la confusion", être "un simple perturbateur", rappelle-t-il comme en remontrance à l'endroit de l'ancien ministre de la Défense.

Pour Jean-Louis Borloo, "la crise aiguë qui a failli faire voler l'Europe en éclats début novembre, qui n'est pas résolue dans le fond et dont on ne mesure pas encore l'ampleur et la violence, nécessitera une autre pratique de la politique".

"Il faudra inventer, sinon une forme d'union nationale, du moins un consensus pour le redressement du pays", écrit-il, en résonance avec les plaidoyers de François Bayrou et de Dominique de Villepin.

"En 2012, il ne faudra pas d'homme providentiel, mais une sacrée équipe et des soutiens", souligne-t-il.

Il propose à leur adresse six "règles d'or" pour le redressement de la France: retour à l'équilibre des comptes publics avec 50 milliards d'euros d'économies dès 2012; 100% des enfants sachant lire, écrire et compter; reconquête économique par la production industrielle; baisse du coût du logement de 20% en cinq ans; une justice plus efficace et plus sereine; accélération de la transition énergétique.

"Cela ressemble à un rêve de centriste mais, croyez-moi, si la rapidité du temps politique ne m'a pas permis de mener à bien cette tâche, à l'occasion de cette campagne je n'abandonnerai pas cette idée", écrit Jean-Louis Borloo.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.