Ministre de Jacques Chirac pendant tout son deuxième mandat (de 2002 à 2007), Jean-Louis Borloo réagit à l'annonce de la mort de l'ancien président, à l'âge de 86 ans ce 26 septembre.

Jean-Louis Borloo et Jacques Chirac à Amiens, en novembre 2006
Jean-Louis Borloo et Jacques Chirac à Amiens, en novembre 2006 © AFP / PATRICK KOVARIK

FRANCE INTER : Qu'est-ce que vous ressentez à l'annonce de cette disparition de Jacques Chirac ?

JEAN-LOUIS BORLOO : "C'est un grand président qui tire sa révérence. C'était à la fois l'homme de 'la maison brûle et nous regardons ailleurs', le grand discours de Villepin à l'ONU sur le refus de la guerre en Irak, mais aussi l'énorme plan de rénovation urbaine de nos quartiers, qui étaient abandonnés. Jamais un tel plan n'avait été fait, c'était sa volonté, je l'ai fait exclusivement à sa demande. Il voulait le faire pour nos quartiers populaires et pour l'ensemble de la France, pour une réconciliation nationale. On lui doit ça aussi."

C'était qui, "votre" Jacques Chirac, celui que vous avez connu ?

"Chaque Français a son Jacques Chirac, évidemment. Chacun d'entre nous a son Jacques Chirac. Je ne peux témoigner que de ce que j'ai connu ou vécu avec lui, l'action publique conduite par Jacques Chirac a fait ce programme de rénovation urbaine qui est le plus grand chantier civil de l'Histoire de France. Et c'était un programme humain. Il ne supportait pas la fracture sociale : il a voulu la réduire et il l'a réduite."

Sur l'écologie, notamment, il a été le premier président français à mettre la question sur la table à un niveau international...

"C'était un visionnaire. Jacques Chirac, c'était l'homme à la culture la plus éclectique que je connaisse : l'Extrême-Orient, l'Orient, le Proche-Orient, l'Afrique... La connaissance profonde des noms des hommes, de leurs vies... C'était pas étonnant que sur le grand sujet de l'écologie, il ait eu 25 ou 30 ans d'avance. Sa vision sur la guerre en Irak, c'est par sa connaissance intime de la région qu'il a refusé. Quand il a quitté la présidence, avec sa fondation, il a continué la lutte contre les faux médicaments, un fléau absolu, la plus grande mafia qui ait jamais existé. Pour moi, c'est ce Jacques Chirac-là."

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