Le leader de la France insoumise revendique 150.000 manifestants ce samedi à Paris, et espère faire défiler un million de personnes sur les Champs-Élysées contre la loi Travail.

Jean-Luc Mélenchon à l'issue de la manifestation du 23 septembre 2017
Jean-Luc Mélenchon à l'issue de la manifestation du 23 septembre 2017 © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt

Emmanuel Macron a remporté deux élections, signé les ordonnances pour réformer le droit du travail, mais pour Jean-Luc Mélenchon, c'est la rue qui peut encore tout changer. Il l'a martelé en ouverture de son discours, prenant le contre-pied des mots du président de la République (et de bien d'autres avant lui) qui estimait que "la démocratie, ce n'est pas la rue". Faux, pour Jean-Luc Mélenchon, qui dans une longue anaphore assure que "c'est la rue qui a abattu les rois, c'est la rue qui a abattu les nazis, c'est la rue qui a abattu le plan Juppé, c'est la rue qui a obtenu le retrait du CPE, c'est la rue qui a obtenu le droit au logement opposable. C'est la rue toujours qui porte les aspirations du peuple français lorsqu'il ne peut les faire entendre autrement".

Rappelant également que "pour que les ordonnances aient force de loi, il faut qu'elles repassent devant le Parlement" (même si les chances que ce dernier y touche sons faibles) le leader des Insoumis a affirmé qu'il voulait, avant la ratification et "avec les organisations syndicales", "une action forte et dense". Et pourquoi pas,par exemple, un défilé "d'un million [de personnes] sur les Champs-Élysées" ? Pari audacieux, puisque la France insoumise revendique ce samedi 150.000 manifestants, contre 30.000 selon la police.

Réconciliation et rassemblement

Mais au-delà de la démonstration de force, cette journée devait être aussi pour la France insoumise l'occasion de se réconcilier avec des alliés traditionnels qui se sont parfois sentis malmenés récemment par le leader, parfois contesté, de l'opposition de gauche (en témoignent certaines banderoles de militants radicaux et masqués, comme "Ni Dieu, ni maître... ni Mélenchon"). D'où un hommage aux syndicats dès le début du discours de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi la présence remarquée de Pierre Laurent, Philippe Poutou et même Benoît Hamon.

Alors, contre le "coup d'État social" (un des slogans les plus repris lors de cette journée), le mouvement souhaite désormais organiser des "casserolades" contre Emmanuel Macron et son gouvernement, pour "empêcher de dormir ceux qui empêchent de rêver". "Tout le pays est appelé à la lutte", a lancé Jean-Luc Mélenchon, et pas uniquement sur la réforme du droit du travail : le député compte bien faire converger ce combat avec d'autres, comme celui des retraités (le 28 septembre) et des fonctionnaires (le 10 octobre). La rue, toujours la rue...

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