L'ancien candidat du Front de Gauche à la présidentielle était l'invité de Tous Politiques sur France Inter (en partenariat avec l'AFP et Le Monde). L'occasion pour lui de marquer à nouveau la frontière entre son mouvement et le Parti Socialiste.

Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Tous Politique
Jean-Luc Mélenchon était l'invité de Tous Politique © Radio France

Non, décidément, Jean-Luc Mélenchon ne regrette pas d'avoir quitté le Parti Socialiste. Certes, il a observé ce qui se passait à Toulouse ce week-end, pour le premier Congrès du parti après la victoire aux élections, mais il n'en a éprouvé aucune nostalgie.

"Pour moi, c'est un astre mort", explique le leader du Front de Gauche :

Car pour Jean-Luc Mélenchon, le Parti socialiste français n'est pas à la hauteur de sa double victoire à la présidentielle puis aux législatives. "Que fait-on de cette ouverture, pour dire qu'un autre monde est possible ? Rien. On fait du quasi-Papandréou, en moins dur, on fait des simagrées au patronat." Pour aboutir à un congrès socialiste"morose" , entâché par l'appel d'une centaine d'entrepreneurs "qui ont le culot de dire : il faut passer à la caisse" .

Il faut dire que du côté du Parti Socialiste, on n'avait pas non plus invité Jean-Luc Mélenchon à assister au Congrès (alors que des représentants du Parti communiste s'y trouvaient) : "C'est une marque de sectarisme qui ne grandit pas ceux qui le pratiquent" , regrette-t-il, dénonçant le mépris dont serait victime sa formation.

"Hollande et Ayrault n'ont tenu aucun compte des quatre millions de voix portées sur ma candidature"

Pas question donc d'alliances (systématiques) avec la gauche pour les élections municipales. En revanche, "nous pouvons constituer une majorité de gauche alternative, à partir du Front de Gauche, avec les socialistes opposés à l'austérité et les Verts" .

Peut-être une nouvelle bataille législative à Hénin-Beaumont

Si l'élection législative était annulée, Jean-Luc Mélenchon le répète, il serait prêt à "servir" en retournant au front face à Marine Le Pen. Même s'il faudra d'abord "se demander pourquoi l'élection est annulée, et s'il y a eu tricherie" . Puis, la décision reviendra à son mouvement : "j'y suis allé suite à une décision politique du Front de gauche, les camarades voulaient que je vienne. S'il y a annulation, ce sont eux qui décideront. Et si on me le demande, j'irai en première ligne."

Jean-Luc Mélenchon est prêt à "prendre des coups" sur une nouvelle élection :

Le Front National sur le même plan que le Front de Gauche ? "Insultant et infâme"

C'est Jean-François Copé qui avait mis sur le même plan les deux partis, estimant que "l'extrême gauche n'a rien à envier à l'extrême droite" . Pour Jean-Luc Mélenchon, "tout ceci est un prétexte pour dire que demain ils pourraient voter pour le Front national" lors d'élections locales.

"L'extrême gauche n'a jamais appelé aux violences auxquelles l'extrême droite appelle les Français"

"Nous n'avons jamais trahi la patrie, nous avons toujours été du bon côté dans les batailles pour la liberté." Bref, pour Jean-Luc Mélenchon, pas la peine d'épiloguer sur les propos de Jean-François Copé, qui "prépare la passerelle avec l'extrême droite" .

Pas d'intervention au Nord-Mali ou en Syrie

La dernière partie de l'interview était consacrée à l'étranger. Jean-Luc Mélenchon y a notamment rappelé son intérêt pour l'Amérique Latine ("depuis la chute du mur de Berlin, c'est là que ça se passe" ) et pour le cas de Julian Assange (qu'il compte aller rencontrer à Londres prochainement). Il a également rappelé son opposition à une intervention de l'Occident dans les conflits en Syrie et au Mali.

"Il faut que les peuples se libèrent eux-mêmes", plaide Jean-Luc Mélenchon :

Pour lui, les interventions extérieures, notamment en Libye et en Irak, n'ont eu que des conséquences désastreuses. Il estime même que la situation au Mali est liée directement à l'arrivée d'armes en Libye, au moment de la révolution. "Il n'y a pas de solution militaire. Au Mali, ce qu'il faut faire, c'est la concertation nationale et des élections. Pas des coups d'État et des interventions militaires."

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.