Cette formation serait "le pendant" du Rassemblement Bleu Marine, créé pour élargir la base du parti d'extrême droite
Cette formation serait "le pendant" du Rassemblement Bleu Marine, créé pour élargir la base du parti d'extrême droite © MaxPPP

Jean-Marie Le Pen a annoncé samedi à Marseille la création d'un "Rassemblement bleu blanc rouge", distinct du Front national, au moment où le parti qu'il a cofondé se réunissait pour une université d'été et l'interrogeait sur sa venue éventuelle d'ici à dimanche.

En présence de plusieurs centaines de frontistes, le parti a déroulé samedi plusieurs tables rondes consacrées au "mondialisme" ou au "rayonnement international", tandis que ses ténors se sont exprimés sur la crise grecque ou sur la question des frontières, après le mot d'ouverture de l'hôte de ce rendez-vous, le sénateur-maire du VIIe secteur de Marseille, Stéphane Ravier.

Des "zones humanitaires" où les migrants seraient ramenés dans leur pays d'origine

En début d'après-midi, c'est le numéro deux du parti, Florian Philippot, qui s'exprimait, et qui s'en est pris notamment à la ministre de la JusticeChristiane Taubira, raillant la "poétesse de Twitter". Vers 13h, la présidente du FN Marine Le Pen a rencontré la presse et tenté de mettre l'accent sur les régionales, pour lesquelles elle a renouvelé ses espérances, ou parlé de la crise des migrants. Elle a ainsi imaginé l'organisation de "zones humanitaires" où les migrants "seraient en sécurité" une fois ramenés dans leur pays d'origine comme elle le souhaite, si elle est élue.

Mais une ombre planait, celle de Jean-Marie Le Pen. C'est "un peu parasité", concédait d'une litote un parlementaire frontiste. Le parti voulait pourtant que ce rendez-vous soit l'occasion d'apparaître en ordre de marche pour les régionales. A quelques kilomètres de l'université d'été du parti, dans un restaurant d'un quartier cossu de Marseille, l’octogénaire réunissait en effet quelques 300 fidèles autour d'un déjeuner.

Rassemblement bleu blanc rouge

Parmi ces amis du FN "canal historique" comme ils l'appellent, plusieurs élus frontistes de Paca en rupture de ban, des membres de petites formations d'extrême droite comme le Parti de la France, et pour assurer la sécurité, des anciens du DPS, les gardes du corps maison du FN. L'occasion de renouveler un appel à "marcher vers l'unité"... et à intégrer ses proches dans les listes du FN pour les régionales, une exigence jusqu'ici insatisfaite. Surtout, il a précisé sa volonté de créer une formation non concurrente du FN, avec le lancement d'un Rassemblement bleu blanc rouge, dont l'objectif est de réunir des militants qui n'ont pas ou plus leur carte du parti, mais également des membres du Front national souhaitant rester fidèles à Jean-Marie Le Pen.

Cette formation sera selon lui "le pendant" du Rassemblement Bleu Marine, créé pour élargir la base du parti d'extrême droite. "Le Front national et Marine Le Pen seront bien en peine de refuser notre démarche", a estimé la patriarche. Pas si sûr, car le FN interdit dans ses statuts la double appartenance "à un autre parti ou mouvement politique, quel qu'il soit".

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