Jean-Marie le Pen
Jean-Marie le Pen © MaxPPP/L'Est Républicain/Alexandre Marchi

Le cofondateur du Front national, 87 ans, a été exclu du parti par le bureau exécutif, à la "majorité" requise, a indiqué un communiqué du FN. L'avocat de Jean-Marie le Pen a laissé entendre qu'il contesterait cette décision.

Jean-Marie Le Pen était convoqué ce jeudi devant le bureau exécutif du FN à Nanterre. A sa sortie, après trois heures de débat, il expliquait avoir "donné toutes les explications", notamment sur ses propos réitérés sur les chambres à gaz. Elle n'ont visiblement pas convaincu.

Le communiqué du Front national est lapidaire et précise que la décision "complète et motivée" sera "notifiée ultérieurement" au patriarche frontiste. - Les précisions de Nasser Madji, du service politique.

Le bureau exécutif était réuni en formation disciplinaire, auquel ne participaient ni la présidente du parti Marine Le Pen, ni son numéro deux Florian Philippot, pour ne "pas être juge et partie" a indiqué ce dernier. La réunion a été présidée par Jean-François Jalkh, premier vice-président du FN. Nicolas Bay, Louis Aliot, Steeve Briois et Wallerand de Saint-Just étaient également présents lors de cette réunion exceptionnelle.

Entouré de son avocat Frédéric Joachim et du député européen Bruno Gollnisch, qui l'a assisté durant cette audition, Jean-Marie Le Pen a regretté que la réunion n’ait pas été publique et a fait distribuer un communiqué à la presse pour expliquer point par point ses arguments.

Frédéric Joachim, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, avait laissé entendre qu'il contesterait une éventuelle décision défavorable.

Jean-Marie Le Pen se dit victime d'une véritable cabale politique.

Jean-Marie Le Pen semblait y croire

Au micro de BFM-TV, le fondateur du FN a "exprimé le souhait que cet épisode un petit peu polémique soit une étape vers la réunification active du FN".

J'attends de la direction du parti qu'elle fasse un geste

Jean-Marie Le Pen a même souhaité une "invitation de Marine Le Pen à venir participer aux travaux du bureau exécutif serait la bienvenue".

Convoqué pour 15 griefs

Jean-Marie Le Pen échappe à la sanction
Jean-Marie Le Pen échappe à la sanction © MaxPPP/Nice Matin/Cyril Dodergny

Depuis le printemps, la liste des griefs contre Jean-Marie Le Pen s'est allongée: lui sont reprochés de propos visant sa fille : ("j'ai honte que la présidente du FN porte mon nom (...)", ou le vice-président du FN Florian Philippot (qui "s'empare des leviers de commande, place ses hommes, ses mignons partout (...)", mais aussi sa petite-fille Marion Maréchal-Le Pen ("elle n'a ni l'expérience ni le gabarit pour diriger la PACA").

Cet épisode est le énième rebondissement, entre déclarations fracassantes par médias interposés et guérilla judiciaire, d'une crise ouverte il y a cinq mois au FN. Alors président d'honneur du parti, celui que sa fille nomme en public "Le Pen" avait déjà été convoqué début mai pour s'expliquer sur ses propos controversés et avait été suspendu comme adhérent.

Il a depuis remporté plusieurs victoires judiciaires: d'abord l'annulation de cette décision de suspension (le FN a fait appel) et ensuite la suspension du congrès postal prévu pour supprimer des statuts le titre de président d'honneur. Le parti a néanmoins publié les résultats de ce congrès achevé en juillet: 94% des adhérents ont voté la modification de ces statuts.

La dynastie Le Pen
La dynastie Le Pen © Radio France
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